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16 octobre 2006

Le manifeste du MR, non libéral

Qui n’a jamais entendu ou lu le mot « libéral » pour caractériser le mouvement réformateur (MR) ou un de ses membres ? Quelqu’un qui ne s’est jamais intéressé à l’information, probablement. En effet, les médias, qu’ils soient subsidiés ou non, étalent généralement leur incompétence en qualifiant de « libéraux » certains individus étrangers au libéralisme.

Il faut reconnaître que nos journaleux sont plutôt bien aidés, en cela, par des abrutis se revendiquant d’une philosophie dont ils n’ont, plus que certainement, lu aucun auteur. Ces derniers, constructivistes de droite, participent, de par leur ignorance, au grand mouvement de décrédibilisation du libéralisme. Les solutions qu’ils proposent, tout aussi inadaptées à l’être humain que le socialisme, n’appartiennent pas au mouvement libéral.

Je vous avais déjà parlé, ici et , de deux poids lourds du MR. Les conclusions se rejoignaient : ni Didier Reynders, ni Louis Michel, ne pouvaient être qualifiés d’hommes politiques libéraux.

Aujourd’hui, j’ai choisi de m’attaquer au manifeste du MR. Celui-ci, nous allons le voir, se rattache plus au courant social-démocrate qu’à la lignée libérale. Riche d’une quarantaine de pages anti-libérales, il me permettra de vous parler plusieurs fois des inepties y présentes. En ce jour de pluie, je me contenterai de relever une petite perle et de la commenter.

D’un côté, le MR, d’un ton pompeux, s’écrie :

« Aujourd’hui, face au désengagement des citoyens et à la montée des extrémismes, notre système démocratique doit proposer un nouveau contrat d’adhésion qui protège la liberté, l’égalité et la solidarité, et appelle l’effort individuel, la responsabilité publique et l’engagement social. » (p. 6)

Traduction : nous avons besoin de nouveauté. (Je passerai sur la contradiction que cela implique – déjà – avec les termes « solidarité » et « engagement social », voire l’obscure « responsabilité publique » mentionnée.)

.

D’un autre côté, le MR déclame :

« Aujourd’hui, le rôle des institutions publiques est de donner à chacun la capacité de s’accomplir librement avec bonheur, sérénité et perspective. Chacun est en droit d’obtenir de cette nouvelle puissance publique qu’elle lui garantisse sa liberté d’initiative et assume en conséquence, avec détermination, son rôle régulateur pour :

- la démocratie et le gouvernement du bien public ;

- l’économie et la gestion des ressources financières ;

- la protection sociale et la garantie de sécurité d’existence ;

- la culture et l’acquisition des connaissances ;

- la famille et le bien de l’enfance ;

- le travail et la créativité entrepreneuriale ;

- l’environnement et la sauvegarde du milieu ;

- la science et les modifications génétiques ;

- l’Europe, la mondialisation et l’évolution géopolitique mondiale. » (p. 3)

Bref, le MR, voulant incarner la nouveauté, propose les recettes actuelles ! L’état intervient déjà dans la démocratie, dans l’économie, dans le social, dans la culture, dans la famille, dans le travail, dans l’environnement, dans la science et dans les relations diplomatiques, etc. Que faut-il comprendre ? Qu’un dédoublement de personnalité réformatrice a mis en scène un Dr Jekyll et un MR Hyde ? Ou que nos constructivistes de droite souhaitent, comme unique nouveauté, voir leur tête à la place de celle du papillonnant Elio ?

Je peux, en tout cas, tirer une conclusion limpide des écrits psychopathologiques cités : le MR n’est pas libéral. Certes, quelques-uns le savaient déjà. Mais beaucoup l’ignorent encore. (Pourvu que quelques journaleux passent par ici.)

L’argumentation ? Premièrement, les MRdistes accordent un rôle régulateur à l’état dans des domaines autres que ceux du droit à la vie et de la propriété. Deuxièmement, le MR fait référence aux faux droitsChacun est en droit d’obtenir … »). Troisièmement, le MR se contredit en proposant la « liberté d’initiative » à « chacun » tout en voulant réguler à foison. En effet, la régulation empêche, littéralement, certains comportements. Par conséquent, elle prive de liberté nombre d’individus. Enfin, quatrièmement, le MR ose faire référence – pâle copie du PS – au « bonheur » de tout un chacun. Or, le libéralisme ne promet pas le bonheur. Au mieux suggère-t-il que l’individu sait mieux que l’état ce qui est bon pour lui. Mais rien de plus.

Bref, un simple alinéa suffit à nous enseigner l’anti-libéralisme du MR. Merci Louis, Daniel, Didier, etc.

sexy_MR_et_bonheur

Posté par Wali23783 à 14:50 - Belgique - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    MR libéral ?

    Voici 6 ans que je vis en Belgique : Cmment voulez vous être libéral dans ce pays dans lequel le système électoral oblige au fameux consensus et à des alliances post électorales.
    Regardez ce qui se passe à Charleroi : c'est Van Cau qui continue à diriger et le chevalier blac Chastel doit se coucher pour préserver son avenir politique.
    La France n'est guère mieux lotie malgré son système majoritaire : les hauts fonctionnaires dirigent.
    Nous sommes deux pays en bout de course. Il suffit de voir le niveau d'imposition. Nous finançons une bureaucratie lourde qui fabrique une pauvreté voulue, organisée qui permet aux bureaucrates de se reproduire !

    Posté par JPM, 17 octobre 2006 à 05:53
  • D'ACCORD à 100%

    D'ac avec toi,

    tu sais pour avoir écrit moins mordant que ça :

    " le chevalier blanc Chastel doit se coucher pour préserver son avenir politique."...le célèbre pharmacien est parvenu à faire fermer mon blog !
    C'est dire le côté "libéral" des représentants du MR !

    Courage et @ +++

    Gargamelo le sorcier wallon
    http://gargamelo.canalblog.com

    Posté par gargamelo, 17 octobre 2006 à 10:45
  • MR, c'est quoi???

    Je suis militant MR, à défaut en fait, il y avait que le MR, le discours libéral n'a jamais existé. Le seul parti libéral est le VLD à mon sens.
    Je m'en pose des questions qud j'écoute le belle parole bleue et quand je vois les statistiques de notre beau pays au niveau fiscal.
    Un beau paradoxe tout de même, nous avons soi-disant un ministre libéral des finances mais on est au top des pays les plus taxés. Allez chercher à comprendre
    MERCI DIDIER

    Posté par Lolo, 17 octobre 2006 à 11:47
  • Le VLD n'est pas beaucoup plus libéral que le MR, preuve en est qu'ils ont viré Boudewijn Bouckaert du parti alors qu'il est un des libéraux les plus authentiques du pays. Côté MR, Alain Destexhe est un pis-aller ; si tu es membre, tu devrais le soutenir.

    Posté par Murdock, 17 octobre 2006 à 16:54
  • Avec le souci de la nuance qu'on lui connait, Philippe Moureaux avait relevé voici quelques années à propos de ses partenaires d'alors au gouvernement bruxellois: "attendre du MR qu'il ait une attitude correcte vis à vis du PS serait comme attendre d'un étalon qu'il donne du lait".

    Depuis déjà un certain temps, je constate très simplement (pour reprendre une des expressions fétiches de Didier Reynders) que demander aux réformateurs de s'engager à défendre devant l'électeur un programme inspiré des analyses de Tocqueville, de Bastiat ou de Hayek plutôt que de thématiques tirées tout droit de John Rawls (les casuistiques sur l'égalité des chances par exemple) équvaudrait à l'impossibilité évoquée plus haut par le Président de la Fédération socialiste bruxelloise. Et ce n'est pas le récent scrutin communal qui démentira mon constat.

    Posté par roubachov, 17 octobre 2006 à 21:01

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