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16 novembre 2006

Libéralisme à la télévision

Alors qu’un grand économiste libéral vient de s’éteindre, les médias français ont encore démontré, ce soir, leur ignorance crasse en matière de libéralisme. Ainsi, dans son journal de 20 heures, France 2 osait qualifier le projet de l’UMP de « libéral »… tout en illustrant ceci par la proposition de « contrat unique » en droit du travail !

Un peu plus tard, les Guignols de Canal + fonçaient tête baissée dans le même panneau des idées reçues, par la voie d’un sketch. On entendait les deux cerveaux de l’UMP, j’ai nommé Doc Gynéco et Johnny Hallyday, disserter sur le libéralisme. Assimilant la noble philosophie à un nuts, le rappeur tentait d’enseigner celle-ci au rockeur. Hélas, l’inculture de Bruno Gaccio ressortait clairement du sketch : les erreurs de théorie n’étaient pas (toutes) voulues.

Illustration via une scène : Johnny et Doc arrivent devant un distributeur de friandises. Le premier, remarquant que les nuts sont entourés d’autres gourmandises (twix, snikers, léos, etc.), constate intelligemment : « Alors, le libéralisme, c’est la liberté d’opérer un choix ! » Le second, qui a sûrement fumé l’herbe de Gaccio, répond sur la défensive : « Non, le libéralisme, c’est la liberté de choisir… mais seulement parmi ce qu’il y a ! » Cette phrase, si on veut lui donner un sens autre que tautologique, signifie clairement que « des gens » (les libéraux) présélectionnent à l’avance ce parmi quoi les consommateurs vont pouvoir choisir. Elle donne l’idée d’un marché fermé.

Je me dois de réagir.

Tout d’abord, je tiens à rappeler que la possibilité du choix, même dans un système clos, sera toujours supérieure, économiquement et démocratiquement, aux monopoles publics proposés par les hommes de gauche. En effet, elle offre au consommateur une capacité de contrôle par rapport à ce qui lui est présenté.

Ensuite, il faut relever que la vision du libéralisme de Bruno Gaccio est tronquée. Ainsi, il confond ladite philosophie politique avec l’union européenne. Or, il y a un monde entre les propositions économiques libérales et les règles du traité de Rome. D’un côté, on est pour l’ouverture du marché. De l’autre, on le ferme, via règlements techniques et corporatistes. D’un côté, on loue la liberté. De l’autre, on la bafoue au nom de principes économiques vaseux.

Si Milton Friedman était français, il se serait déjà retourné quelques fois dans son cercueil… avant même d’être enterré.

Posté par Wali23783 à 23:45 - Libéralisme - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Faut pas regarder la télé - Tu te fais souffrir pour rien.

    Posté par h16, 18 novembre 2006 à 14:36
  • Mais c'est toujours bienvenu quand l'inspiration bloguesque se fait attendre!

    Posté par Wali, 18 novembre 2006 à 15:35
  • Et je constate que je ne suis pas le seul à aimer la souffrance
    http://h16.free.fr/index.php?2006/11/16/274-collusions

    Posté par Wali, 18 novembre 2006 à 16:42
  • Ah mais pardon, moi, j'ai été sur le site de France 2 pour pêcher ce monument d'ennui !

    (de toute façon, à l'heure du JT, je ne peux pas regarder la télé, je fais manger la marmaille)

    Posté par h16, 19 novembre 2006 à 14:07
  • le contrat unique

    J’ai entendu à la télévision un dirigeant de l’UMP, ou un membre du gouvernement (je ne sais plus), à moins que cela soit Sarkozy ou Villepin eux même, dire qu’il était pour le contrat de travail unique. Avec le contrat unique on passe sans transition d’un extrème à l’autre. C’est peut-être ça la rupture tranquille, le slogan de Sarkozy.
    Nous avons actuellement une vingtaine de contrats de travail différents. En créant à chaque fois un petit frère aux contrats de travail existant, il s’agissait pour les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés de montrer qu’ils luttaient contre le chômage. Sans succès. Et pour cause, le contrat de travail ne crée pas de boulot là où il n’y en a pas. Le contrat de travail est un instrument juridique qui vient couronner une relation de travail existant entre l’employeur et l’employé. Pour qu’il y ait contrat il faut qu’il y ait au préalable activité ou présomption d’activité. On me suit ? Bien !
    Le contrat de travail unique multi-facettes équivaut concrètement à pas de contrat du tout. Le silence sur cette question des patrons du CAC 40 ne me surprend pas. Mais ils ont tort. Le contrat est le ciment social. Et pas de ciment: Tout s’écroule.
    http://pourlafranceetgroslay.over-blog.com

    Posté par Alain, 20 décembre 2006 à 19:10
  • Alain:

    "Avec le contrat unique on passe sans transition d’un extrème à l’autre."

    Non: on reste dans le côté obscur de la force. L'état continue à gérer les relations entre deux individus.

    Posté par Wali, 21 décembre 2006 à 01:48

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