Porte entr'ouverte

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17 avril 2007

Quand la SNCB partait en grève…

Imaginez-vous une journée importante, très importante : elle pourrait, peut-être, décider de vos activités futures et de la vie que vous mènerez au cours des années qui s’annoncent. Sous une chaleur intense, un bus public sans clim’ vous transporte vers la gare des Guillemins, à Liège. Le costard arboré fièrement ne vous facilite pas la tâche : vous voulez rester sec et conserver la douce odeur parfumée sur votre peau.

Vous avez tout calculé : aucun risque de rater le train porteur d’espoir ! Vous pouvez donc préparer mentalement l’entretien qui s’annonce. Las ! Une fois arrivé sur place, vous flairez une anormalité : une foule compacte se dresse face au tableau des départs. Pire : celui-ci n’indique rien ! Aucun train ne semble vouloir rouler. Un texte laconique informe les voyageurs de l’action de grève entamée.

Heureusement, vous avez une maman formidable… qui, en plus, n’est même pas en train de faire les magasins ! Elle vient vous chercher en quatrième vitesse à la gare. En l’attendant, face au parking des travailleurs sncbistes, vous constatez amèrement le départ de ces glandeurs qui, par leur fainéantise, vous empêcheront peut-être de concrétiser l’opportunité de carrière se présentant à vous. Si l’idée d’aller griffer quelques voitures en représailles vous traverse l’esprit, vous n’en faites rien : vous respectez trop la propriété privée. Et puis, il y a certainement l’une ou l’autre personne, dans le tas, qui s’est prononcée contre cette nouvelle grève. Votre maman, encore plus inquiète que vous, arrive enfin. Une fois rentré au domicile familial, vous faites ce constat amer : jamais vous n’arriverez à l’heure fixée par votre interlocuteur. Heureusement, celui-ci est compréhensif. Mieux : il semble avoir vraiment envie de vous revoir aujourd’hui. Vous filez donc en voiture au siège de la société en question.

Au final, tout finit bien : vous obtenez le job. Certes, cette activité nouvelle ne vous permettra peut-être plus de passer autant d’heures sur Internet (une réduction de la fréquence des billets sur le blog est possible), mais elle marquera le réel point de départ de votre vie adulte.

Quoi qu’il en soit, cet épisode de votre vie aggravera la haine que vous portez aux entreprises publiques. Dire que vos impôts les financeront ! Mais il y a pire : chaque bébé présent ou à venir voit légalement, dès sa naissance, peser une dette de 700 EUR sur sa tête, rien que concernant la SNCB. Dès lors, deux nécessités s’imposent. La première consiste à privatiser les transports publics, quels qu’ils soient. La seconde, logique, revient à ne pas faire peser sur la tête des individus le remboursement d’une dette qu’ils n’ont pas contractée. Sur ce, je vous laisse méditer quelques propos de Pascal Salin.

« Contrairement à ce que l’on croit et dit trop souvent, (…) les intérêts des salariés et des entrepreneurs – de même que ceux des clients – ne sont pas antagonistes, mais convergents. L’entreprise est un système de coopération sociale. Dans une économie dynamique qui repose forcément sur un degré élevé d’innovation, c’est-à-dire sur des changements rapides et profonds dans la production, les propriétaires des entreprises reçoivent des profits croissants, le pouvoir d’achat des salariés est en hausse continuelle et les clients bénéficient de baisses de prix.

Or, c’est la forme traditionnelle de l’entreprise privée – celle que l’on appelle parfois l’entreprise capitaliste – qui permet au mieux d’aboutir à la convergence des intérêts. Cette forme traditionnelle n’a pas été décidée de manière arbitraire par un quelconque esprit supérieur, elle est née de la pratique et elle a été spontanément et progressivement sélectionnée au cours de l’Histoire comme étant la plus efficace pour tout le monde. » (Libéralisme, p. 132)

« C’est précisément parce qu’on a méconnu le caractère fondamentalement juste du fonctionnement de l’entreprise capitaliste que les économies centralisées ont échoué, à la fois sur le plan moral et sur le plan pratique. C’est pour la même raison qu’une économie profondément marquée par l’interventionnisme étatique, profondément collectivisée – comme l’est l’économie française – ne fonctionne pas de manière satisfaisante : la faiblesse de la croissance, le taux élevé de chômage ne sont que les signes apparents d’un dysfonctionnement plus profond et d’intenses insatisfactions. » (Libéralisme, p. 140)

Posté par Wali23783 à 03:49 - Belgique - Commentaires [0] - Permalien [#]

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