28 avril 2007
Panique au Grèvoland
Ces derniers jours, je vous avais déjà parlé des grèves ayant touché les transports publics sur rail et sur route. Quid des airs ? Il ne faut pas regarder loin en arrière pour tomber sur une grève sauvage dans un aéroport. Ainsi, ce vendredi 13 avril, les pompiers et le personnel de sécurité de Brussels Airport décidaient de se croiser les bras. Motif ? Ces messieurs voulaient plus de primes et de chèques-repas. Un problème typique du service public : plutôt que d’accepter a priori son salaire et de travailler en conséquence, le travailleur reste en négociations perpétuelles, ce au détriment des tâches à accomplir.
Aujourd’hui, l’actualité rebondit sur cette grève. Paul me l’annonçait hier : « Al zo’n 200 reizigers hebben samen een klacht ingediend tegen de 46 brandweerlui en veiligheidsmensen die twee weken geleden de luchthaven van Zaventem platgelegd hebben. » Cette information était relayée sur le site de la VRT radio. Elle a également été diffusée, du côté francophone, sur RTL-TVI. Comme me le disait Paul, « c’est le genre de nouvelle qui réchauffe le cœur. Enfin des gens qui en ont marre d’être moutons, pigeons, dindons et cochons de payants en plus. »
Le conseil des plaignants, Me Peter Cafmeyer, explique : « La demande commune porte sur un montant de 100.000 EUR. Chaque gréviste se voit exiger environ 2.000 EUR. » Et renchérit : « Faire grève est un droit, mais il ne faut pas exagérer. On ne peut prendre en otage 26.000 personnes pour un chèque repas. » Pour l’occasion, l’avocat a ouvert un site Internet visant à rassembler toutes les personnes lésées par la grève sauvage. Des dizaines de plaintes y entrent tous les jours. J’invite à mon tour les victimes de cet événement à visiter la page Web et, pourquoi pas, à s’inscrire à l’action. L’évaluation actuelle du coût de la procédure s’élève à 50 EUR par personne. (Plus des gens s’inscriront, plus le prix baissera.) En outre, tant Me Cafmeyer que des spécialistes du droit du travail estiment que l’action a de bonnes chances d’aboutir. Pourtant, les grévistes ne semblent pas inquiets : selon eux, « le droit de grève est absolu en Belgique » (Lode Verschingel, CSC-Aéroport).
27 avril 2007
La liberté d’expression sur l’échafaud européen de la pensée unique
Il y a peu, nous avions déjà pu prédire les prochaines restrictions aux libertés de pensée et d’expression. L’ « homophobie », terme hypocrite et faux quand on voit à quels discours on le rattache, risque bientôt d’être interdite. Dix ans, avions-nous prophétisé en accord avec Mgr Léonard. Peut-être, finalement, que cinq suffiront.
Ce jeudi, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant la montée de l’intolérance envers l’homosexualité en Europe. Pays visés : la Pologne, mais aussi la Belgique via les propos de Mgr Léonard. L’institution européenne va jusqu’à exiger de la Pologne, sous menace de la suspension de son droit de vote lors des réunions ministérielles, que son gouvernement condamne publiquement et sanctionne les déclarations dites « homophobes » faites par des hommes politiques polonais.
23 avril 2007
Grèves à répétition en République Socialiste de Wallonie
En novembre, j’avais insisté sur un caractère exceptionnel de la grève plombant les TEC wallon. Non, ce n’était pas la seule de l’année. Non, les motifs invoqués ne justifiaient nullement cet arrêt de travail – ne rêvons pas. Mais, souvenez-vous en, la grève avait eu lieu… un mardi ! Chose exceptionnelle : nos amis les « « « travailleurs » » » du secteur public n’avaient pas, pour une fois, anticipé ou prolongé leur week-end.
Le caractère exceptionnel de cette grève de novembre ressort encore plus au vu de l’actualité de cette semaine. Je vous avais déjà causé des sncbistes s’offrant un week-end de trois jours. Voici que, depuis vendredi, les TEC ont tenté d’obtenir un week-end de quatre jours ! Savez-vous pourquoi ? Parce qu’un des leurs, voleur assumé, risquait d’être puni pour ses actes antisociaux. Passant outre l’indignation suscitée par cette grève du vendredi, les tocards de la CGSP voulaient même suspendre leur travail ce lundi, de 9 à 11 heures, alors que leur fripouille de camarade comparaissait devant le tribunal du travail. Solidarité oblige : entre voleurs, on se comprend. Au final, la grève du jour n’eut pas lieu. Nous venons également d’apprendre que la conciliation qui se déroulait ce lundi matin a échoué. Tant mieux : que ce pauvre type finisse aux fers.
22 avril 2007
Elections présidentielles françaises : pas de « grosse surprise »
Je suis Belge et, par conséquent, non soumis à la législation française totalitaire empêchant les individus de s’exprimer. Toutefois, la plateforme canalblog n’autorise pas ses clients (et sources de revenu) à communiquer les résultats des élections présidentielles françaises : elle est soumise aux obligations légales de la République. Dans la mesure où je reçois des visiteurs français par centaine depuis une heure, je me permettrai quand même d’user des termes employés par la télévision française en 2002 avant 20 heures pour faire apercevoir les tendances se dégageant du premier tour.
Permettez-moi, tout d’abord, d’insister sur le haut taux de participation de l’élection. Plus de 31 p.c. à mi-journée ; presque 74 p.c. à 17 heures. Nous nous dirigeons donc vers des sommets.
Vient la suite. En 2002, PPDA et France 2 annonçaient, bien avant 20 heures, une « grosse surprise ». Les guignols de l’info avaient même révélé la présence de Le Pen bien avant l’heure fatidique. Pour ma part, je ne citerai aucun nom. Je ne veux pas mettre canalblog dans la mouise. Je me contenterai tout simplement de singer les commentateurs français et de dire qu’il n’y a pas de « grosse surprise » (sources suisse et belge) en ce 22 avril 2007.
N.B. Pour mes lecteurs belges, je signale que le JT d’RTL-TVI de 19 heures sera consacré à ces élections et annoncera les chiffres.
EDIT. Ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent cliquer sur le lien: "Commentaires" ci-dessous.
20 avril 2007
Réponse à Michaël Henen
Réponse aux commentaires de Michaël Henen sous le billet de détente « Clin d’œil d’avril ».
1. J'ai retranscrit sous forme humoristique une réponse vidéo de monsieur Di Rupo sur son blog. (La numéro 2 de la série 2; voir http://www.leblogdelio.be/?video=1) Je n'ai donc pas réduit la politique à de "si bêtes caricatures", je l'ai tout simplement mise en page.
2. Oui, seul le libéralisme peut remédier à une grande partie des maux wallons.
Petite précision: comme vos commentaires le laissent à penser, et comme l'atteste même l'analyse inculte trouvée sur votre blog (http://michaelhenen.skynetblogs.be/post/3886203/liberalisme-quand-tu-nous-tiens), vous ignorez vraisemblablement ce qu'est le libéralisme.
En fait, je vous l'apprends très certainement, le MR n'est pas libéral. (Ouch, ça fait mal, hein.) Voir http://porteentrouverte.canalblog.com/archives/2006/10/16/2920912.html
3. Je ne me prive donc pas d'avoir une autre tête de turc dans mon espace Détente.
Si vous voulez rire du bon Didier (ou pleurer sur mon humour débile), voyez donc:
http://porteentrouverte.canalblog.com/archives/2007/03/10/4262653.html
http://porteentrouverte.canalblog.com/archives/2007/01/18/3724127.html
Pour conclure: je pourrais peut-être apprécier un jour vos talents de musicien. Par contre, votre prose grossière me fut insupportable dès la première lecture. Merci quand même d'être passé. Si vous souhaitez commenter à nouveau par ici, n'oubliez pas de vous excuser du faux-pas.
19 avril 2007
Vie du net : La Serve Belgique lance sa plateforme de blogs
Le quotidien belge « La Libre Belgique » a lancé ce mercredi sa plateforme de blogs, réalisée en collaboration avec la société Blog Spirit. De prime abord, cette initiative n’apporte rien au monde de l’Internet. En outre, toute la colonne de droite des divers blogs est trustée de pubs pour les articles de LLB ! (Génial : bientôt, des liens vers des articles fiscolâtres et de désinformation !) Enfin, dans sa présentation de la chose, LLB illustre bien un des péchés mignons de la démocratie : « Ah ! Tout le monde peut s’exprimer ! C’est ça la démocratie ! Mais pas toi. Ni toi. Encore moins toi. Non, toi non plus. » Je vous laisse seuls juges de ce qui suit :
« La plate-forme est donc ouverte à tout le monde. La liberté d'expression et de ton y seront (sic) la règle. "La Libre", attachée aux valeurs démocratiques, veillera néanmoins à éviter les dérapages en tous genres. "Plusieurs filtres électroniques empêcheront la diffusion de contenus jugés a priori illicites. Il ne s'agit pas de censurer mais de prévenir d'éventuelles dérives", insistent les concepteurs du projet. Un premier filtre repérera ainsi les mots jugés "potentiellement dangereux" dans les blogs. Une fois ces mots identifiés, le modérateur de la plate-forme prendra connaissance des "notes" incriminées pour juger si elles peuvent être validées ou non. Troisième filtre : l'autorégulation de la communauté des blogueurs. Chacun d'entre eux disposera, sur son blog, de la faculté d'alerter le modérateur en cas de propos ou d'images incompatibles avec les valeurs de ladite communauté. »
Comprenons-nous bien. Je ne critique pas le fait que La Libre soumette les propos tenus sur sa plateforme au moule propagandiste que requièrent ses subventions : elle fait ce qu’elle veut chez elle. Toutefois, qu’elle ose affirmer l’ouverture de la plateforme à tous alors que la liberté d’expression n’est pas garantie est d’une hypocrisie honteuse : celle de nos régimes pseudo démocratiques.
17 avril 2007
Quand la SNCB partait en grève…
Imaginez-vous une journée importante, très importante : elle pourrait, peut-être, décider de vos activités futures et de la vie que vous mènerez au cours des années qui s’annoncent. Sous une chaleur intense, un bus public sans clim’ vous transporte vers la gare des Guillemins, à Liège. Le costard arboré fièrement ne vous facilite pas la tâche : vous voulez rester sec et conserver la douce odeur parfumée sur votre peau.
Vous avez tout calculé : aucun risque de rater le train porteur d’espoir ! Vous pouvez donc préparer mentalement l’entretien qui s’annonce. Las ! Une fois arrivé sur place, vous flairez une anormalité : une foule compacte se dresse face au tableau des départs. Pire : celui-ci n’indique rien ! Aucun train ne semble vouloir rouler. Un texte laconique informe les voyageurs de l’action de grève entamée.
Heureusement, vous avez une maman formidable… qui, en plus, n’est même pas en train de faire les magasins ! Elle vient vous chercher en quatrième vitesse à la gare. En l’attendant, face au parking des travailleurs sncbistes, vous constatez amèrement le départ de ces glandeurs qui, par leur fainéantise, vous empêcheront peut-être de concrétiser l’opportunité de carrière se présentant à vous. Si l’idée d’aller griffer quelques voitures en représailles vous traverse l’esprit, vous n’en faites rien : vous respectez trop la propriété privée. Et puis, il y a certainement l’une ou l’autre personne, dans le tas, qui s’est prononcée contre cette nouvelle grève. Votre maman, encore plus inquiète que vous, arrive enfin. Une fois rentré au domicile familial, vous faites ce constat amer : jamais vous n’arriverez à l’heure fixée par votre interlocuteur. Heureusement, celui-ci est compréhensif. Mieux : il semble avoir vraiment envie de vous revoir aujourd’hui. Vous filez donc en voiture au siège de la société en question.
Au final, tout finit bien : vous obtenez le job. Certes, cette activité nouvelle ne vous permettra peut-être plus de passer autant d’heures sur Internet (une réduction de la fréquence des billets sur le blog est possible), mais elle marquera le réel point de départ de votre vie adulte.
Quoi qu’il en soit, cet épisode de votre vie aggravera la haine que vous portez aux entreprises publiques. Dire que vos impôts les financeront ! Mais il y a pire : chaque bébé présent ou à venir voit légalement, dès sa naissance, peser une dette de 700 EUR sur sa tête, rien que concernant la SNCB. Dès lors, deux nécessités s’imposent. La première consiste à privatiser les transports publics, quels qu’ils soient. La seconde, logique, revient à ne pas faire peser sur la tête des individus le remboursement d’une dette qu’ils n’ont pas contractée. Sur ce, je vous laisse méditer quelques propos de Pascal Salin.
« Contrairement à ce que l’on croit et dit trop souvent, (…) les intérêts des salariés et des entrepreneurs – de même que ceux des clients – ne sont pas antagonistes, mais convergents. L’entreprise est un système de coopération sociale. Dans une économie dynamique qui repose forcément sur un degré élevé d’innovation, c’est-à-dire sur des changements rapides et profonds dans la production, les propriétaires des entreprises reçoivent des profits croissants, le pouvoir d’achat des salariés est en hausse continuelle et les clients bénéficient de baisses de prix.
Or, c’est la forme traditionnelle de l’entreprise privée – celle que l’on appelle parfois l’entreprise capitaliste – qui permet au mieux d’aboutir à la convergence des intérêts. Cette forme traditionnelle n’a pas été décidée de manière arbitraire par un quelconque esprit supérieur, elle est née de la pratique et elle a été spontanément et progressivement sélectionnée au cours de l’Histoire comme étant la plus efficace pour tout le monde. » (Libéralisme, p. 132)
« C’est précisément parce qu’on a méconnu le caractère fondamentalement juste du fonctionnement de l’entreprise capitaliste que les économies centralisées ont échoué, à la fois sur le plan moral et sur le plan pratique. C’est pour la même raison qu’une économie profondément marquée par l’interventionnisme étatique, profondément collectivisée – comme l’est l’économie française – ne fonctionne pas de manière satisfaisante : la faiblesse de la croissance, le taux élevé de chômage ne sont que les signes apparents d’un dysfonctionnement plus profond et d’intenses insatisfactions. » (Libéralisme, p. 140)
13 avril 2007
Clin d'oeil d'avril
11 avril 2007
Médias et politique : Anne Delvaux bientôt élue
Une nouvelle illustration des liens étroits entre journalistes et partis politiques vient de se produire. La Libre annonce en effet le recrutement, par le CDh, de la présentatrice vedette du journal de la RTBF Anne Delvaux. Celle-ci figurera en deuxième place sur la liste CDh du Sénat en vue des élections législatives du 10 juin prochain.
« Cette décision est mûrement réfléchie », dit-elle. « Ce parti met l’Humain au centre de ses préoccupations, ce qui me correspond parfaitement. » Avec de telles sornettes, nul doute que la campagne a déjà commencé pour l’ex-blonde du JT.
10 avril 2007
Karl Marx vs Juan de Mariana
« Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts, et toujours plus d’impôts. »
« Les impôts sont une calamité pour les gens et un cauchemar pour le gouvernement. Pour les premiers, ils sont toujours excessifs, alors que pour les seconds, ils ne sont jamais suffisants. »
Pour d’autres citations sur l’impôt, voir ceci.







