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12 mai 2008

Vers une définition du fascisme

Hitler_et_MussoliniDécouverte via Gadrel sur liberaux.org, la présentation du livre de Jonah Goldberg, Liberal Fascism, s'avère des plus intéressantes. Vu la mauvaise tournure du terme "liberal" aux Etats-Unis, une traduction adéquate du bouquin serait: "Le fascisme et la gauche". Sébastien Castellion, de la MENA, résume l'ouvrage qui bouleverse actuellement les USA et reprend, à la suite de Goldberg, les deux erreurs majeures commises au sujet du fascisme:

1) Réinterprétation du terme "fascisme".

"La première erreur a été de réinterpréter trop largement le mot « fascisme » pour l’appliquer à tout ce que l’on trouve indésirable – ou, plus exactement, « tout ce que la gauche n’aime pas ». Des personnalités américaines ont ainsi qualifié de « fasciste » le pouvoir des entreprises privées sur la société, alors que le fascisme historique a toujours imposé aux entreprises de servir les intérêts de l’Etat. A l’inverse, des comportements objectivement proches du fascisme historique ne reçoivent pas cette qualification lorsque, pour une raison ou pour une autre, leurs auteurs sont respectés ou populaires ou s’ils font partie d’une coalition politique de gauche. Goldberg cite l’exemple, assez difficilement contestable, d’importants groupes de représentation des Hispaniques américains, dont l’un a adopté pour slogan « tout pour la race, rien en-dehors de la race » tandis que l’autre s’appelle tout simplement « La Race » (La Raza).

Le renversement du sens des mots provoque des situations assez paradoxales. Par exemple, un dictateur totalitaire et corporatiste comme Castro, très proche du modèle historique du fascisme, ne se verra jamais qualifié comme tel. A l’inverse, des dirigeants respectueux de la démocratie et soucieux de réduire le rôle de l’Etat (deux choses qui les opposent directement à tous les fascismes), comme Thatcher ou Reagan, se sont vus régulièrement accuser de fascisme par des esprits pourtant cultivés et sophistiqués.

Pour sortir de cette confusion, Goldberg propose, sinon une définition unique, du moins une série d’indices qui permettent de reconnaître les mouvements fascistes. Le fascisme n’est pas « tout ce que la gauche désapprouve » : il est un mouvement politique totalitaire et national (mais pas toujours nationaliste), qui cherche à surmonter les divisions nationales en imposant, par la force, une solidarité dont les termes sont imposés par l’Etat. Il est opposé à tous les contre-pouvoirs – économiques, familiaux et religieux, par exemple – qui limitent le pouvoir de l’Etat sur l’individu. Pour cette raison, il est également hostile à un usage excessif de la raison et lui préfère le culte de l’action : le raisonnement, après tout, provoque des débats et des opinions divergentes, dangereuses à la fois pour l’unité nationale et pour le pouvoir des gouvernants. Enfin, le fascisme n’est pas toujours opposé aux élections – mais seulement à condition que ces élections produisent le résultat attendu, sans quoi elles seront truquées ou annulées. Goldberg multiplie les exemples éclairants d’interventions de l’Etat, dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, dans des domaines précédemment considérés comme privés : qualité de la nourriture, organisation des relations entre patrons et employés, etc.
"

2) Place du fascisme sur l'échiquier politique

"Après avoir rétabli une définition à peu près rigoureuse du fascisme, Goldberg passe à la deuxième – monumentale – erreur historique qui entoure sa présentation. Parce que le fascisme est devenu, à la fin des années 1930 et 1940, l’objet d’une hostilité profonde de la gauche européenne, il est encore aujourd’hui présenté comme un mouvement de droite. Or, Goldberg démontre de manière incontestable que ses origines intellectuelles sont profondément ancrées dans la gauche et dans l’hostilité au conservatisme."

J'invite mes lecteurs qui souhaiteraient en savoir plus à cliquer sur les liens mentionnés en début d'article.

Posté par Wali23783 à 22:36 - Libéralisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La première erreur est de dire que le libéralisme c'est la droite et de mettre le fascisme à l'extrême droite.
La seconde est dans sa définition du fascisme: lénine correspond alors qu'il n'est pas fasciste mais communiste. A mon sens, les différences sont faibles mais existent. Un fasciste sert l'état, un communiste vit pour et par l'état.
Un fasciste prône sa nation, un communiste prône sa classe.

Sinon c'est vrai qu'on y réfléchit pas assez et que j'ai envie de vomir quand je vois dedecker se faire traiter de "extrémiste light" par les médias francophones ou ron paul se faire traiter de "petit hitler" par mccain

Posté par skit, 13 mai 2008 à 18:31

http://www.dissidence.libre-octet.org/penser/contre_le_vote_chirac.html#manip
Ca me semblait très intéressant car j'avais oublié de nommer l'amalgame fascisme-nazisme

Posté par Skit, 15 mai 2008 à 17:23

Brillant

Brillant article, ce genre de décryptage devrait faire partie des cours d'histoire.

Posté par Alexis, 19 mai 2008 à 11:22

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