Porte entr'ouverte

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27 mars 2008

Etienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire

"Il est vrai qu'au commencement on sert contraint et vaincu par la force; mais les successeurs servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d'autres biens ni d'autres droits que ceux qu'ils ont trouvé; ils prennent pour leur état de nature l'état de leur naissance. (...)
On raconte que Lycurgue, le législateur de Sparte, avait nourri deux chiens, tous deux frères, tous deux allaités au même lait. L'un était engraissé à la cuisine, l'autre habitué à courir les champs au son de la trompe et du cornet. Voulant montrer aux Lacédémoniens que les hommes sont tels que la culture les a faits, il exposa les deux chiens sur la place publique et mit entre eux une soupe et un lièvre. L'un courut au plat, l'autre au lièvre. Et pourtant, dit-il, ils sont frères!
Celui-là, avec ses lois et son art politique, éduqua et forma si bien les Lacédémoniens que chacun d'eux préférait souffrir mille morts plutôt que de se soumettre à un autre maître que la loi et la raison
."

Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire.

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11 octobre 2007

PS et FN, même combat ?

« Je suis inquiet sur la manière dont on ouvre les frontières, je pensais qu'il fallait davantage aider les Belges sans travail en Wallonie et à Bruxelles et qu'on aurait dû donner une chance plus nette à ceux qui n'ont pas de travail et qui pourraient en trouver, notamment en Flandre qui a besoin de main d'oeuvre. »

Elio Di Rupo, Parvenu Socialiste d’origine italienne, à propos de l'accord gouvernemental sur l'immigration.

« Plutôt que mettre à l'emploi nos chômeurs - et il faut mener une politique active de l'emploi - on va à la recherche des personnes à l'étranger, diminuant ainsi la pression sur les entreprises, notamment en matière de formation. »

Laurette Onkelinx, Innocente du village, sur le même thème.

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29 juillet 2007

Ordre social constructiviste vu par Ayn Rand

ayn_rand"Vous proposez d’établir un ordre social fondé sur le principe suivant : que vous êtes incapables de diriger votre vie personnelle, mais capables de diriger celle des autres ; que vous êtes inaptes à vivre librement, mais aptes à devenir des législateurs tout puissants ; que vous êtes incapables de gagner votre vie en utilisant votre intelligence, mais capables de juger des hommes politiques et de les désigner à des postes où ils auront tout pouvoir sur des techniques dont vous ignorez tout, des sciences que vous n’avez jamais étudiées, des réalisations dont vous n’avez aucune idée, des industries gigantesques dans lesquelles, selon votre propre aveux, vous seriez incapables d’exercer les fonctions les plus modestes."

Ayn Rand, dans Atlas Shrugged

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30 juin 2007

Nietzsche sur l’état

Nietzsche« DE LA NOUVELLE IDOLE

Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n'est pas chez nous, mes frères: chez nous il y a des États.

État? Qu'est-ce, cela? Allons! Ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples.

L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids: il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: "Moi, l'État, je suis le Peuple."

C'est un mensonge! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour: ainsi ils servaient la vie.

Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État: ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent appétits.

Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais oeil et une dérogation aux coutumes et aux lois.

Je vous donne ce signe: chaque peuple a son langage du bien et du mal: son voisin ne le comprend pas. Il s'est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois.

Mais l'État ment dans toutes ses langues du bien et du mal; et, dans tout ce qu'il dit, il ment - et tout ce qu'il a, il l'a volé.

Tout en lui est faux; il mord avec des dents volées, le hargneux. Même ses entrailles sont falsifiées.

Une confusion des langues du bien et du mal - je vous donne ce signe, comme le signe de l'État. En vérité, c'est la volonté de la mort qu'indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort!

Beaucoup trop d'hommes viennent au monde: l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus!

Voyez donc comme il les attire, les superflus! Comme il les enlace, comme il les mâche et les remâche.

"Il n'y a rien de plus grand que moi sur la terre: je suis le doigt ordonnateur de Dieu" - ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent à genoux!

Hélas, en vous aussi, ô grandes âmes, il murmure ses sombres mensonges. Hélas, il devine les coeurs riches qui aiment à se répandre!

Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole!

Elle voudrait placer autour d'elle des héros et des hommes honorables, la nouvelle idole! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne conscience, - le froid monstre!

Elle veut tout vous donner, si vous l'adorez, la nouvelle idole: ainsi elle s'achète l'éclat de votre vertu et le fier regard de vos yeux.

Vous devez lui servir d'appât pour les superflus! Oui, c'est l'invention d'un tour infernal, d'un coursier de la mort, cliquetant dans la parure des honneurs divins!

Oui, c'est l'invention d'une mort pour le grand nombre, une mort qui se vante d'être la vie, une servitude selon le coeur de tous les prédicateurs de la mort!

L'État est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les mauvais: l'État, où tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais: l'État, où le lent suicide de tous s'appelle - "la vie".

Voyez donc ces superflus! Ils volent les oeuvres des inventeurs et les trésors des sages: ils appellent leur vol civilisation - et tout leur devient maladie et revers!

Voyez donc ces superflus! Ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent pas même se digérer.

Voyez donc ces superflus! Ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d'argent, - ces impuissants!

Voyez-les grimper, ces singes agiles! Ils grimpent les uns sur les autres et se poussent ainsi dans la boue et dans l'abîme.

Ils veulent tous s'approcher du trône: c'est leur folie, - comme si le bonheur était sur le trône! Souvent la boue est sur le trône - et souvent aussi le trône est dans la boue.

Ils m'apparaissent tous comme des fous, des singes grimpeurs et impétueux. Leur idole sent mauvais, ce froid monstre: ils sentent tous mauvais, ces idolâtres.

Mes frères, voulez-vous donc étouffer dans l'exhalaison de leurs gueules et de leurs appétits! Cassez plutôt les vitres et sautez dehors!

Évitez donc la mauvaise odeur! Éloignez-vous d'idolâtrie des superflus.

Évitez donc la mauvaise odeur! Éloignez-vous de la fumée de ces sacrifices humains!

Maintenant encore les grandes âmes trouveront devant elles l'existence libre. Il reste bien des endroits pour ceux qui sont solitaires ou à deux, des endroits où souffle l'odeur des mers silencieuses.

Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. En vérité, celui qui possède peu est d'autant moins possédé: bénie soit la petite pauvreté.

Là où finit l'État, là seulement commence l'homme qui n'est pas superflu: là commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, la nulle autre pareille.

Là où finit l'État, - regardez donc, mes frères! Ne voyez-vous pas l'arc-en-ciel et le pont du Surhumain?

Ainsi parlait Zarathoustra. »

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10 avril 2007

Karl Marx vs Juan de Mariana

karlmarx  Karl Marx :

« Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts, et toujours plus d’impôts. »

  Mariana Juan de Mariana :

« Les impôts sont une calamité pour les gens et un cauchemar pour le gouvernement. Pour les premiers, ils sont toujours excessifs, alors que pour les seconds, ils ne sont jamais suffisants. »

Pour d’autres citations sur l’impôt, voir ceci.

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08 mars 2007

Ségolène Royal vs Benoît XVI, sur le thème de l'ordre juste

royal

Ségolène Royal, candidate à l’élection présidentielle française :

« Il faut rétablir un ordre juste par le retour à la confiance, par le retour de repères clairs, par le bon fonctionnement des services publics, par des règles d'honnêteté (...) valables pour tous. »

benoit_xvi

Benoît XVI, dans son encyclique « Deus caritas est » :

« L’amour – caritas – sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste. Il n’y a aucun ordre juste de l’État qui puisse rendre superflu le service de l’amour. Celui qui veut s’affranchir de l’amour se prépare à s’affranchir de l’homme en tant qu’homme. Il y aura toujours de la souffrance, qui réclame consolation et aide. Il y aura toujours de la solitude. De même, il y aura toujours des situations de nécessité matérielle, pour lesquelles une aide est indispensable, dans le sens d’un amour concret pour le prochain. L’État qui veut pourvoir à tout, qui absorbe tout en lui, devient en définitive une instance bureaucratique qui ne peut assurer l’essentiel dont l’homme souffrant – tout homme – a besoin : le dévouement personnel plein d’amour. Nous n’avons pas besoin d’un État qui régente et domine tout, mais au contraire d’un État qui reconnaisse généreusement et qui soutienne, dans la ligne du principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales et qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d’aide. »

(Sur ce thème de l’ordre juste, lire également un billet du blog de l’ultra-socialiste Jean-Luc Mélenchon.)

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20 février 2007

Danilov dans Stalingrad (Enemy at the Gates)

« Je me suis totalement trompé, l’homme ne changera jamais, l’homme nouveau n’existe pas. On s’est acharné à créer une société nouvelle où personne n’aurait rien à envier au voisin. Mais il y a toujours quelque chose à envier, un sourire, une amitié, quelque chose que l’on n’a pas et que l’on convoite. Dans notre monde, même s’il était soviétique, il y aura toujours des riches et des pauvres, riches en talent, pauvres en talent, riches en amour, pauvres en amour... »

   

I've been such a fool, Vassili. Man will always be a man. There is no new man. We tried so hard to create a society that was equal, where there'd be nothing to envy your neighbour. But there's always something to envy. A smile, a friendship, something you don't have and want to appropriate. In this world, even a Soviet one, there will always be rich and poor. Rich in gifts, poor in gifts. Rich in love, poor in love.

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01 février 2007

Elio Di Rupo vs Alain Destexhe

            Elio_Superplanificateur

            Elio Di Rupo, lors de son discours sur l’état de la Wallonie :

         « La Wallonie se porte mieux. Le redressement économique est à l’œuvre et il faut l’accélérer. »

         destexhe

Alain Destexhe, dans sa carte blanche pour l’Écho :

« Les données les plus récentes du chômage ne sont pas (…) rassurantes. Avec quasi 270.000 demandeurs d’emploi inoccupés, la Wallonie est, en 2006, à son sommet pour un mois de décembre. Ainsi, alors que le taux de chômage wallon était égal à 1,44 fois le taux belge en décembre 2005, ce ratio est passé à 1,55 un an plus tard. »

N.B. Devinez à quelle petite phrase les journaux télévisés auront consacré une dizaine de minutes hier soir ?

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09 janvier 2007

Hitler et Marx : même combat

Première citation :

« Aussi longtemps que, soit par des mesures de protection d'Etat (qui cependant généralement sont infructueuses), soit par une nouvelle éducation commune, il ne se sera pas produit un changement dans la situation de l'ouvrier vis-à-vis de l'entrepreneur, il ne restera rien d'autre à l'ouvrier que de défendre ses intérêts en invoquant son droit égal de membre de la communauté économique. Cela cadre tout à fait avec l'esprit de solidarité et peut redresser des injustices sociales susceptibles de mettre en péril l'existence commune des citoyens. J'allais même plus loin dans mes déclarations, à savoir que ce droit de l'ouvrier doit être considéré comme naturel, aussi longtemps qu'il y aura des êtres humains assujettis à des patrons ne possédant aucun sentiment de leurs devoirs sociaux, ni même simplement d'humanité, et je conclus que, si une telle autoprotection est nécessaire, sa forme doit être celle d'un groupement des ouvriers sur la base corporative. »

Deuxième citation :

« Ne cherchons pas le secret du Juif dans sa religion, mais cherchons le secret de la religion dans le Juif réel.

Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même.

Une organisation de la société qui supprimerait les conditions nécessaires du trafic, par suite la possibilité du trafic, rendrait le Juif impossible. La conscience religieuse du Juif s’évanouirait, telle une vapeur insipide, dans l’atmosphère véritable de la société. D’autre part, du moment qu’il reconnaît la vanité de son essence pratique et s’efforce de supprimer cette essence, le Juif tend à sortir de ce qui fut jusque-là son développement, travaille à l’émancipation humaine générale et se tourne vers la plus haute expression pratique de la renonciation ou aliénation humaine.

Nous reconnaissons donc dans le judaïsme un élément antisocial général et actuel qui, par le développement historique auquel les Juifs ont, sous ce mauvais rapport, activement participé, a été poussé à son point culminant du temps présent, à une hauteur où il ne peut que se désagréger nécessairement.

Dans sa dernière signification, l’émancipation juive consiste à émanciper l’humanité du judaïsme. »

Alors ? Alors ? Qui a deviné quelle citation venait de qui ?

Je vous aide : une des citations provient de « Mein Kampf » d’Adolf Hitler, l’autre de « La Question Juive » de Karl Marx.

Pour plus de renseignements, lire ceci (absolument) ou farfouiller dans ceci.

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03 décembre 2006

Elio Di Rupo vs anonyme anglais du XVIIIè siècle

Elio_Superplanificateur

Elio Di Rupo, à matin première le 5 janvier 2004 :

« Je pense que si la croissance économique est au rendez-vous, si par ailleurs il y a cette lutte contre la fraude fiscale, les moyens financiers doivent suffire pour permettre à tout un chacun de vivre dignement. »

ombres_paysage_homme

Anonyme anglais du XVIIIè siècle :

« Le fraudeur fiscal me plaît, c’est un voleur honnête, car il ne vole que l’état qui n’est qu’une abstraction. »

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