12 mai 2008
Vers une définition du fascisme
Découverte via Gadrel sur liberaux.org, la présentation du livre de Jonah Goldberg, Liberal Fascism, s'avère des plus intéressantes. Vu la mauvaise tournure du terme "liberal" aux Etats-Unis, une traduction adéquate du bouquin serait: "Le fascisme et la gauche". Sébastien Castellion, de la MENA, résume l'ouvrage qui bouleverse actuellement les USA et reprend, à la suite de Goldberg, les deux erreurs majeures commises au sujet du fascisme:
1) Réinterprétation du terme "fascisme".
"La première erreur a été de réinterpréter trop largement le mot « fascisme » pour l’appliquer à tout ce que l’on trouve indésirable – ou, plus exactement, « tout ce que la gauche n’aime pas ». Des personnalités américaines ont ainsi qualifié de « fasciste » le pouvoir des entreprises privées sur la société, alors que le fascisme historique a toujours imposé aux entreprises de servir les intérêts de l’Etat. A l’inverse, des comportements objectivement proches du fascisme historique ne reçoivent pas cette qualification lorsque, pour une raison ou pour une autre, leurs auteurs sont respectés ou populaires ou s’ils font partie d’une coalition politique de gauche. Goldberg cite l’exemple, assez difficilement contestable, d’importants groupes de représentation des Hispaniques américains, dont l’un a adopté pour slogan « tout pour la race, rien en-dehors de la race » tandis que l’autre s’appelle tout simplement « La Race » (La Raza).
Le renversement du sens des mots provoque des situations assez paradoxales. Par exemple, un dictateur totalitaire et corporatiste comme Castro, très proche du modèle historique du fascisme, ne se verra jamais qualifié comme tel. A l’inverse, des dirigeants respectueux de la démocratie et soucieux de réduire le rôle de l’Etat (deux choses qui les opposent directement à tous les fascismes), comme Thatcher ou Reagan, se sont vus régulièrement accuser de fascisme par des esprits pourtant cultivés et sophistiqués.
Pour sortir de cette confusion, Goldberg propose, sinon une définition unique, du moins une série d’indices qui permettent de reconnaître les mouvements fascistes. Le fascisme n’est pas « tout ce que la gauche désapprouve » : il est un mouvement politique totalitaire et national (mais pas toujours nationaliste), qui cherche à surmonter les divisions nationales en imposant, par la force, une solidarité dont les termes sont imposés par l’Etat. Il est opposé à tous les contre-pouvoirs – économiques, familiaux et religieux, par exemple – qui limitent le pouvoir de l’Etat sur l’individu. Pour cette raison, il est également hostile à un usage excessif de la raison et lui préfère le culte de l’action : le raisonnement, après tout, provoque des débats et des opinions divergentes, dangereuses à la fois pour l’unité nationale et pour le pouvoir des gouvernants. Enfin, le fascisme n’est pas toujours opposé aux élections – mais seulement à condition que ces élections produisent le résultat attendu, sans quoi elles seront truquées ou annulées. Goldberg multiplie les exemples éclairants d’interventions de l’Etat, dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, dans des domaines précédemment considérés comme privés : qualité de la nourriture, organisation des relations entre patrons et employés, etc."
2) Place du fascisme sur l'échiquier politique
"Après avoir rétabli une définition à peu près rigoureuse du fascisme, Goldberg passe à la deuxième – monumentale – erreur historique qui entoure sa présentation. Parce que le fascisme est devenu, à la fin des années 1930 et 1940, l’objet d’une hostilité profonde de la gauche européenne, il est encore aujourd’hui présenté comme un mouvement de droite. Or, Goldberg démontre de manière incontestable que ses origines intellectuelles sont profondément ancrées dans la gauche et dans l’hostilité au conservatisme."
J'invite mes lecteurs qui souhaiteraient en savoir plus à cliquer sur les liens mentionnés en début d'article.
09 août 2007
Blogoliste
A noter la naissance hier d'un nouveau blog libéral en Belgique francophone, Les Terres de John Loque, qu'il vous faut inscrire de suite dans vos favoris. L'auteur, l'excellent (et courtois) John Loque, vous séduira avec des articles percutants, comme son premier, intitulé La liberté économique profite avant tout aux "pauvres".
08 juillet 2007
Le réchauffement climatique sera le genre humain
Nous avions déjà pu observer, lors des élections de juin 2007, que les verts belges prônaient la disparition de l’économie de marché (du moins du peu qu’il en reste). Alors, communistes, les écocolos ? Il va falloir s’y faire, mesdames, messieurs : le communisme, ce monstre ringard et mortifère, avance désormais masqué.
Remémorons-nous les origines et Marx, ce noble penseur :
Or, que nous a apportée la philosophie verte, depuis sa percée en Belgique ? Des taxes, des redevances, des taxes et encore des redevances. Il y a quelques mois, je vous avais déjà cité une vingtaine de spoliations écologiques. Désormais, un conflit créé de toutes pièces a envahi les media : le réchauffement climatique. Les grandes institutions politiques internationales, dans l’attente de la mise sur pied d’un énième bazar destiné à recaser un criminel, ont créé ex nihilo un organisme gouvernemental, le GIEC. Pour son auteur-coordinateur principal, Stephen Schneider, le but de l’institution est très simple :
« Comme la majorité des gens, nous aimerions voir un monde meilleur, ce qui se implique ici que nous travaillions à réduire les risques d’un changement climatique potentiellement catastrophique. Pour cela, nous devons avoir des soutiens importants afin de frapper l’imagination du public ce qui suppose bien sûr d’avoir un maximum de couverture médiatique. Pour cela, nous devons proposer des scénarios effrayants, faire des déclarations simples et dramatiques et éviter de mentionner le moindre doute que nous pourrions avoir. »
Or, comment luttera-t-on contre les « risques » d’un danger « potentiel » (et c’est le premier des cons vaincus convaincus qui emploie ces deux nuances de poids) ? Comme l’avait annoncé Guy Verhofstadt en avril lors d’un sommet du GIEC, seule une fiscalité pénalisante peut modifier les comportements. Par conséquent, le mouvement vert entraînera de nouvelles taxes au cours des années à suivre. Mesdames, messieurs, ce que j'avais subodoré en début de billet se confirme : l’écologisme politique est l’ennemi du libéralisme. Il masque en effet l’honteux visage de la pire catastrophe qu’ait connu l’Humanité : le communisme.
05 juin 2007
Du réducteur axe gauche - droite au diagramme de Nolan
La majorité des militants, commentateurs et politiciens schématisent grossièrement un axe gauche - droite lorsqu’ils abordent les grands débats politiques. Certes, derrière la bipolarisation en question se cache toute une histoire. Toutefois, cet axe jette surtout un voile sur les yeux des individus dominés par l’état. En effet, il monte les citoyens les uns contre les autres alors qu’ils devraient plutôt s’unir pour lutter efficacement contre leurs maîtres. En outre, l’axe gauche - droite est d’une telle imprécision que trois désavantages majeurs le grèvent.
Tout d’abord, les systèmes totalitaires (communisme et fascisme) se retrouvent chacun à une extrémité de la table alors que, dans les programmes comme dans la façon de gouverner, ils sont copains comme cochons.
Ensuite, l’axe gauche - droite évolue subrepticement, ce qui le rend historiquement peu fiable. Ainsi, Jaurès serait, à notre époque et au vu de ses prises de position, un homme de droite haï et qualifié d’ « ultra-libéral ». Ainsi, alors que les politiciens belges dits « libéraux » se situaient à gauche au XIXè siècle, leurs successeurs séculaires du PRL furent catalogués à droite. Inversement, si le Parti catholique occupait la droite de l’échiquier au XIXè siècle, son (indigne) successeur, le cdH, concurrence actuellement le PS à gauche. Par ailleurs, des objections similaires peuvent être formulées au niveau géographique : le moindre apparatchik du MR en Belgique ou de l’UMP en France se situerait à la gauche des Démocrates aux États-Unis.
Enfin – troisième critique – certaines pensées politiques ne peuvent se situer sur ledit axe. C’est le cas du libéralisme : celui-ci grogne tant contre les politiques de droite que contre celles de gauche. Si les libéraux, comme la gauche, condamnent fermement les collusions entre état et patron, ils fustigent, comme la droite, les trop lourds impôts pesant sur les individus et les entreprises. Si les libéraux, comme la gauche, soutiennent les immigrés néo-arrivants, ils rejettent, comme la droite, les politiques d’assistanat prônées par certains. Si les libéraux, comme la gauche, sont attachés à la paix, ils n’acceptent pourtant pas, comme la droite, l’interdiction de la vente libre des armes à feu. Si les libéraux, comme la gauche, estiment que la vie ne doit pas être basée sur l’économie ou l’argent, ils pensent néanmoins que les marchés ne peuvent être régulés par l’état. Si les libéraux, comme la droite, jugent la concurrence nécessaire, ils l’entendent d’une autre façon et conspuent l’Union européenne.
Face à ces désavantages majeurs, l’on se devait de réagir. C’est ce que fit le libertarien David Nolan lorsqu’il imagina son fameux diagramme dont je traiterai aujourd’hui. Mettez vos lunettes spéciales : nous rentrons dans la deuxième dimension.
Le diagramme de Nolan, comme vous pouvez le constater, repose sur deux axes, que nous graduerons de 0 à 10 pour faciliter la compréhension. Le premier, penchant vers la gauche, est celui des libertés individuelles ; le second, dérivant vers la droite, celui des libertés économiques. Dans les libertés individuelles sont comprises la liberté de circulation (émigration et immigration), la liberté d’expression, la liberté de culte, la liberté de la presse, la liberté d’enseignement, la liberté d’association, la libre possession de son corps et d’autres principes comme la propriété et l’inviolabilité de celle-ci. Quant aux libertés économiques, nous pourrons déterminer leur niveau en fonction des critères suivants : liberté d’entreprendre, niveau des impôts, marché libre, présence de services publics, etc.
Reste à étudier comment se transpose l’unidimensionnel axe gauche - droite dans la deuxième dimension.
En principe, l’aile gauche devrait être occupée par ce qu’on a tendance à appeler « la gauche », l’aile droite par les conservateurs, tandis que la partie inférieure regrouperait les totalitaristes de tout poil, qu’ils soient de gauche ou de droite. Évidemment, ce diagramme vaut pour les sociétés un tant soit peu regardantes aux différentes libertés, comme les Etats-Unis. (Les démocrates protestent quand des lois liberticides comme le Patriot Act sont adoptées ; les républicains crient au loup quand les démocrates souhaitent augmenter les impôts.) Dans les pays francophones d’Europe, où l’amour de la Liberté a décru au fil des ans comme dans un vieux couple, il est évident que cet équilibre n’est pas respecté. Les différents partis occupent des places fort serrées autour du centre et des extrêmes. Je détaillerai tout ceci un autre jour de la semaine : revenons, pour l’heure, à nos moutons.
Certes, ce diagramme est critiquable : la Liberté ne se divise pas en plusieurs sections ; elle forme un ensemble uni et indivisible. Ainsi, si l’état taxe et impose, il ne respecte pas non plus la propriété. Si l’état tempère la liberté d’entreprendre, il enfreint également la liberté d’association. Si l’état combat le marché de la drogue, il dégouline sur la libre possession de notre corps. Etc.
Pourtant, s’il n’est pas parfait, le diagramme de Nolan permet de gommer les grosses défaillances de l’axe gauche - droite. Ainsi, il regroupe, comme nous l’avons vu, les totalitaires dans une seule et même catégorie. D’autre part, il facilite l’appréhension historique des programmes politiques, ainsi que la compréhension des systèmes politiques étrangers. Enfin, il laisse entrevoir clairement la place des libéraux et libertariens dans la classification des idéologies politiques.
08 mai 2007
Hypocrisie, novlangue et violence : bienvenue chez la gauche !
L’élection de Nicolas Sarkozy constitue certainement un tournant historique de la politique française, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, parce que le choix manifeste d’un candidat tant diabolisé par certains constitue un rejet clair et net, par une majorité, de la politique étouffante de la gauche. Ensuite, parce qu’elle a permis de révéler au grand jour trois caractéristiques attachées naturellement au courant gauchiste : l’hypocrisie, le novlangue et la violence. Les heurts secouant les grandes villes de France depuis l’élection du conservateur Sarkozy illustrent parfaitement ces trois points.
Hypocrisie. Alors que, d’un côté, ils louent la démocratie et l’intelligence populaire, les hommes de gauche s’avouent inquiets, craignent même, se débattent, voire se battent tout court, lorsque le résultat des urnes ne leur est pas favorable.
Novlangue. Les gauchistes réinventent alors les mots : la démocratie, ce n’est plus le « pouvoir du peuple » ou quelque chose y assimilé. Non : la démocratie, ce sont les valeurs de gauche. D’ailleurs, le facteur le plus connu de France n’affirmait-il pas, dimanche dernier, que « la démagogie populiste utilisée dans cette campagne (allait) déboucher sur des mesures (…) antidémocratiques qui ne manqueront pas de susciter des mobilisations très larges » ? N’y a-t-il pas, ici, une jolie interversion sémantique lorsque l’on sait que les Besancenot-boys se battent, réellement, contre le résultat des urnes ?
Violence. Depuis deux nuits, ce ne sont pas « des jeunes de banlieue » qui balancent des pavés sur les flics et dévalisent les magasins sur leur passage. Ce sont des socialistes, des trotskystes, des anarchistes de gauche (oxymoron, je sais) et d’autres merdes assimilées à ces courants mortifères qui violentent des pères et mères de famille rompus à la défense des citoyens. Alors, certes, l’on me répliquera : seuls quelques milliers d’individus sur une manne de gauchistes par millions foutent la merde. Et puis, tous ceux qui manifestent ne cassent pas. Enfin, n’avez-vous pas entendu Hollande et Delanoë ? Ils ont appelé au calme et au respect du résultat des élections !
Pourtant, les faits sont là : eut-on droit à des casseurs lorsque Mitterrand prit le pouvoir ? Non. Eut-on seulement des manifestations sur la place de la Bastille quand le petit chauve, roi des voleurs, accéda à la présidence de la République ? Non. Néanmoins, c’eut été bien plus légitime que maintenant !
La gauche politique est responsable des émeutes actuelles. Non seulement elle les a provoquées, mais elle les a aussi soutenues. Ainsi, c’est le PS et l’extrême gauche qui diabolisèrent cinq ans durant Nicolas Sarkozy, politicien comme un autre, au point de faire croire au citoyen lambda qu’il était la réincarnation d’Hitler. Ainsi, c’est Ségolhaine Royal et ses amis qui, la veille des élections, rappelèrent subliminalement à certains que la victoire de Sarkozy devait être suivie de heurts citoyens. Ainsi, c’est le PS qui se frotte les mains des violences actuelles, puisque la moindre bavure policière pourrait lui être favorable lors des législatives. Ainsi, c’est Besancenot – l’admirateur de Trotski, concepteur des goulags – qui soutient officieusement les jeunes cons se lançant dans les batailles de rue.
Quoi de plus normal, après tout ? Tel est le mode de fonctionnement gauchiste : lutter – au sens propre – pour ses idées, fut-ce au-delà des procédés mis en place (élections), relève d’une nature profonde. Et si la menace (manifestations) échoue, la violence prendra automatiquement le dessus. D’ailleurs, le discours gauchiste pue la violence. N’est-ce pas cette gauche qui veut lutter contre la liberté des individus, en leur interdisant, d’une façon ou d’une autre, de penser, de s’exprimer, de contracter, de commercer, de s’enrichir ? N’est-ce pas elle qui crache sa haine au visage de ceux qu’elle jalouse : les riches sur le plan matériel, les croyants sur le plan des valeurs ? N’est-ce pas elle qui ne se justifie qu’auprès de sa caste, lésant par la force les autres citoyens ?
Mesdames et messieurs, chers lecteurs, l’élection de Nicolas Sarkozy ne conduira probablement pas l’état français à réduire énormément son interventionnisme quotidien, mais au moins aura-t-elle eu le mérite suivant : pouvoir mettre, très précisément, le doigt sur les perversions gauchistes et dire, tout simplement, grimace à l’appui, « bienvenue chez la gauche ».
08 février 2007
Sectes, ennemis invisibles et vieille rengaine gauchiste
Petit, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, en ce compris les magazines de concierges. Dans ces derniers, je parcourais les potins de stars, je scrutais émerveillé certaines images choc de films comme Basic Instinct et, parfois, je me tapais un bon petit reportage d’une dizaine de pages. Je me souviens encore très bien du jour où je découvris, horrifié, la réalité des sectes. Argent, sexe, manipulation et conditionnement : argh ! Quelques humains étaient donc bêtes et méchants ? Les espoirs d’un gosse de sept ans pouvaient commencer à s’envoler.
La naïveté des illuminés m’avait particulièrement marqué : certaines nuits, une sirène retentissait et réveillait le campement. Les adeptes se précipitaient immédiatement dehors. Ils savaient ce qu’il se passait : des extra-terrestres invisibles tentaient, une fois de plus, d’envahir leur lieu de recueillement ! La nuit se résumait alors en un long combat contre du vide. Au bout de quelques heures, la sirène cessait ; les résistants, épuisés, avaient fait fuir le mal.
Dingue, pensais-je, de croire tellement en l’existence d’un ennemi imaginaire qu’on en vient à se battre, réellement, contre du vent. Heureusement, me disais-je, seule cette infime partie de l’humanité est conditionnée au point de lutter contre une fiction. J’étais bien naïf ; aujourd’hui, je me rends compte que peu de personnes échappent aux manipulations dont il est question ci-dessus.
La vieille rengaine gauchiste, « c’est la faute du libéralisme », a pris place dans chaque source de conditionnement. Parfois, le message atteint directement le cerveau du téléspectateur ou du lecteur : « suite à la globalisation du monde et de l’ultralibéralisme ambiant, la pauvreté croît de plus en plus ». D’autres fois, la manipulation se fait plus subliminale : « avec le crash de cet avion d’une compagnie low-cost, la logique du profit a, une fois de plus, montré ses limites »*. (Tout le monde sait que « libéralisme » rime avec « profits ».) L’on notera, toujours, l’abus d’idées reçues et l’absence d’argumentation rationnelle. Mais au final, grâce à cette entreprise de propagande, les citoyens connaissent leur ennemi.
Les chefs et les médias leur apprennent alors à lutter contre celui-ci efficacement : en prônant une intervention toujours plus large de l’état et, surtout, en ne bronchant pas quand on vient piquer leur argent. Or, dans des sociétés comme la France ou la Wallonie, l’ennemi a complètement disparu, par la force des choses. Il est donc inexistant, comme dans les sectes évoquées plus haut. Cela n’empêche pourtant pas les dirigeants et les médias de poursuivre la lutte contre celui-ci. Les individus, abrutis par la propagande, continuent à se battre, chaque jour, contre une fiction. Ils vivent dans un monde profondément anti-libéral mais le qualifient de « libéral ». Leurs recettes inefficaces sont toujours employées et créent, une fois de plus, de nouveaux maux. « C’est la faute du libéralisme », geignent-ils alors, comme un disque griffé. S’ensuivent nouvelles (mauvaises) recettes, puis nouveaux maux en cascade (bien réels). Et ainsi de suite.
Question : les adeptes de l’étatisme ouvriront-ils les yeux avant la banqueroute ?
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* Véridique : entendu sur Euronews en décembre 2006.
03 février 2007
Quand le jocrisse étale sa fatuité, les balayures l’accueillent à bras ouverts
Parfois, quelques piliers d’estaminet, après avoir fait des agapes, viennent couler leurs vertes fèces sur Internet. Cette semaine, j’eus l’heur de discuter avec un de ces individus. Quelle chance : il venait d’avaler un purgatif ! Notez, j’aurais du me douter bien plus tôt que, sous ses aspects fantomatiques, se cachait un homme malade. Le prodrome : une critique virulente du sénateur Alain Destexhe. Conséquence : docteur Wali entra en scène. « Monsieur », aurais-je voulu diagnostiquer : « c’est l’idéologie socialiste qui cause ces selles nauséabondes. » Honteux de la désapprobation, il prit soin de tirer la chasse : son blog s’éteignit subitement. Je répondrai donc ici, sur Porte entr’ouverte, aux appels de son cerveau captif.
« Les fonctionnaires paient des impôts », commença l’indisposé, tout en soulageant son prurit rectal. « Au-delà de la retenue existant avant la perception de leur salaire net, à la suite de recevoir leur avertissement extrait de rôle, ils paient un impôt comme tout le monde. »
Cher monsieur, lui répondis-je : il vous faut un antiprurigineux. Je vous conseille le Brindlogik (TM). Certes, certains croient que les fonctionnaires paient des impôts (après tout, l’état prend une partie de leur rémunération), comme d’autres pensent que la démocratie existe bel et bien à Cuba (après tout, les Cubains votent). Toutefois, cela relève d’un faux-sens des plus communs.
L’impôt consiste en un apport (forcé) à la collectivité. Par conséquent, celui-ci ne peut provenir que d’un travail dans le privé – jamais d’une activité publique. En effet, le fonctionnaire prend à la collectivité ; il ne lui apporte rien. Tant bien même sa fiche de paie indiquerait une ponction étatique que cela ne changerait pas le constat : ce prélèvement ne constitue qu’un maigre retour aux sources de la ponction préalablement effectuée par le fonctionnaire sur l’argent honteusement volé au véritable créateur de richesses.
« Maintenant, libre à vous de retourner vivre comme en 1789 », poursuivait fiévreusement l’homme patraque. « Puis-je vous faire remarquer que les sociétés démocratiques ont fait depuis d’énormes progrès pour le plus grand nombre ? »
Cher monsieur, lui répondis-je : je vais vous prescrire un fébrifuge. De la culturine (TM). Je vous avais déjà signalé, lors de la précédente consultation, que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 était ce qu’on pouvait trouver de mieux, en Europe continentale, pour décrire juridiquement une société libre et démocratique. (En effet : qui donc eût pu mieux rêver la démocratie libre que des individus ayant connu l’horreur de la servitude ?) Dans cette charte, l’on trouvait les principes suivants :
- Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits (article premier).
- Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression (article 2).
- La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de tout homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits (article 4).
Or, il se fait que les progrès que vous mentionnez sont contraires aux principes élémentaires de la déclaration susnommée. Par conséquent, les sociétés que vous évoquez ne peuvent être qualifiées de libres et « démocratiques ».
« Maintenant, si vous ne voulez pas profiter du système… », balbutia-t-il, menaçant. Ses yeux gonflaient. A vue de nez, le purgatif agissait ; une fétide colère se faisait sentir. « Maintenant, si vous ne voulez pas profiter du système, je crois que nous allons commencer par virer vos enfants de l'école et vous empêcher de rouler avec votre voiture sur les routes. Et si vous voulez aller travailler à pied, il vous sera interdit de marcher sur les trottoirs. Et tout ça dans le noir. Ensuite, nous vous demanderons de payer à 100% vos frais médicaux. Il vous sera interdit de faire appel aux services des pompiers, policiers, ambulanciers. Vous ne pourrez plus utiliser le chemin de fer. Et pour votre pension, vous pourrez toujours dormir sous les ponts. »
Je suffoquais : l’odeur était intenable. Pourtant, prenant mon métier à cœur, je restais aux côtés du patient, en tâchant d’articuler quelques paroles sacrées derrière mon mouchoir.
… tout ce que vous voulez, tant que les monopoles publics disparaissent…
… le privé peut s’occuper des installations routières et ferroviaires, du maintien de la sécurité, des soins de santé, des assurances chômages et des pensions, cher monsieur…
… ma vie sera bien mieux gérée, je vous prie de le croire…
Cela ne calmait pas la rage pestilentielle du souffreteux. « Pouvez-vous aussi, s’il vous plaît, rembourser tout ce que l’argent public vous a donné depuis que vous êtes sur cette terre, en commençant par l’accouchement de votre maman ? »
… l’argent public, c’est l’argent de mes parents, âne bâté… (grommelai-je alors que je fouillais mes poches après une solution antirabique.)
Avant que je ne la lui administrasse, il eut encore le temps d’articuler : « S'il n'y avait pas les impôts, en restant dans l'atmosphère de 1789, votre mère vous aurait mis bas dans le caniveau ! Et, en admettant que vous ne soyez pas mort de la peste ou du choléra, vous seriez devenu au mieux, illettré et propriétaire de RIEN, l'ouvrier d'un riche par sa naissance ! »
Et : « Je ne comprends pas comment, en 2006, il existe encore des demeurés pour croire le contraire. »
Et : « bêta, va ! »
Enfin il se tut. Je lui dis alors : désolé. Je ne suis pas compétent en matière de coprolalie. Consultez un spécialiste.
27 novembre 2006
Atout libéral contre violence communiste
Personne ne l’ignore : lorsque deux points de vue s’opposent, chaque contradicteur trouve des arguments poignants pour convaincre l’auditoire de la justesse de ses propos. Généralement, pour l’homme neutre, il n’est pas facile de choisir son camp. Après tout, ce qu’il entend lui parait correct, tant d’un côté que de l’autre. Ainsi, en cas de match nul, il s’avère toujours intéressant d’abattre une dernière carte victorieuse.
Dans le débat éternel entre communisme et libéralisme, l’une des deux idéologies a l’atout dans son jeu : elle respecte la volonté des « autres ». Permettez-moi d’expliquer.
Imaginez une société communiste. Que fera-t-elle des individus souhaitant vivre sous le régime de la propriété privée ? Elle ne leur permettra pas d’agir conformément à leur volonté. S’ils s’opposent, elle usera même de violence pour qu’ils se soumettent. Irrémédiablement, le sang finira par couler.
Imaginez maintenant une société libérale ou anarcap. Que fera-t-elle des individus souhaitant vivre sous le régime de la propriété commune ? Elle ne s’en occupera pas. Pour le dire en d’autres termes : elle les laissera agir conformément à leur volonté. S’ils souhaitent mettre en commun leurs biens, rien ne leur interdira de le faire. Ils devront simplement veiller à respecter la propriété des personnes n’appartenant par à leur communauté. Mais entre eux, ils feront ce qu’ils veulent.
Rien que pour cela, le libéralisme vaut déjà bien mieux que l’idéologie communiste.
16 novembre 2006
Libéralisme à la télévision
Alors qu’un grand économiste libéral vient de s’éteindre, les médias français ont encore démontré, ce soir, leur ignorance crasse en matière de libéralisme. Ainsi, dans son journal de 20 heures, France 2 osait qualifier le projet de l’UMP de « libéral »… tout en illustrant ceci par la proposition de « contrat unique » en droit du travail !
Un peu plus tard, les Guignols de Canal + fonçaient tête baissée dans le même panneau des idées reçues, par la voie d’un sketch. On entendait les deux cerveaux de l’UMP, j’ai nommé Doc Gynéco et Johnny Hallyday, disserter sur le libéralisme. Assimilant la noble philosophie à un nuts, le rappeur tentait d’enseigner celle-ci au rockeur. Hélas, l’inculture de Bruno Gaccio ressortait clairement du sketch : les erreurs de théorie n’étaient pas (toutes) voulues.
Illustration via une scène : Johnny et Doc arrivent devant un distributeur de friandises. Le premier, remarquant que les nuts sont entourés d’autres gourmandises (twix, snikers, léos, etc.), constate intelligemment : « Alors, le libéralisme, c’est la liberté d’opérer un choix ! » Le second, qui a sûrement fumé l’herbe de Gaccio, répond sur la défensive : « Non, le libéralisme, c’est la liberté de choisir… mais seulement parmi ce qu’il y a ! » Cette phrase, si on veut lui donner un sens autre que tautologique, signifie clairement que « des gens » (les libéraux) présélectionnent à l’avance ce parmi quoi les consommateurs vont pouvoir choisir. Elle donne l’idée d’un marché fermé.
Je me dois de réagir.
Tout d’abord, je tiens à rappeler que la possibilité du choix, même dans un système clos, sera toujours supérieure, économiquement et démocratiquement, aux monopoles publics proposés par les hommes de gauche. En effet, elle offre au consommateur une capacité de contrôle par rapport à ce qui lui est présenté.
Ensuite, il faut relever que la vision du libéralisme de Bruno Gaccio est tronquée. Ainsi, il confond ladite philosophie politique avec l’union européenne. Or, il y a un monde entre les propositions économiques libérales et les règles du traité de Rome. D’un côté, on est pour l’ouverture du marché. De l’autre, on le ferme, via règlements techniques et corporatistes. D’un côté, on loue la liberté. De l’autre, on la bafoue au nom de principes économiques vaseux.
…
Si Milton Friedman était français, il se serait déjà retourné quelques fois dans son cercueil… avant même d’être enterré.
07 novembre 2006
Secteur public : réfutation d’un argument courant
Il n’est pas rare d’entendre, lors de discussions sur le thème du secteur public, l’argumentation suivante : le secteur public s’occupera, à l’inverse du privé, de domaines d’actions non rentables. Ainsi, les trois paumés d’Outsiplou-les-Bains pourront bénéficier d’un service de bus, d’une poste, d’un raccordement téléphonique – j’en passe et des meilleurs – alors que, en temps normal, ils n’auraient pu en profiter à si bon prix vu l’isolement de leur village.
Si, un jour, vous entendez ces réflexions, sortez le bazooka :
1° Si des personnes vivent à Outsiplou-les-Bains, cela résulte de leur choix.
2° De plus, les habitants d’Outsiplou-les-Bains retirent, via leur position géographique, de nombreux avantages que les villes n’offrent pas : calme, paysages verts, rencontres de voisinage, possibilité de promenades tranquilles, disparition des foules, isolement, cadre rêveur, éloignement des sirènes pressées de la ville, etc.
3° Par conséquent, les campagnards sont mieux lotis que leurs homologues citadins : jouissant, sur le dos des seconds, de certains privilèges coûteux, ils profitent néanmoins des charmes de la campagne. Bref, apparaît une injustice énorme : les citadins ne tirent aucun parti d’avantages propres à la campagne et doivent, en plus, financer les services offerts aux campagnards.
Conclusion ? La ville a ses atouts, la campagne a ses agréments : choisir son domicile revient à en assumer les conséquences. Si l’on habite la ville, certains coûts seront certes réduits, mais le bruit nous envahira. Si l’on habite la campagne, le calme nous enchantera, mais les coûts postaux ou de transports seront plus élevés. Tenter le juste milieu ne peut que mener aux iniquités mentionnées.
N.B. Sur le thème ville – campagne, remémorons-nous cet excellent billet du Citoyen Durable.

