Porte entr'ouverte

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17 novembre 2007

Clôture du premier chapitre

Chers amis, chers lecteurs,

Je referme pour trois bons mois le premier chapitre de la Porte entr’ouverte. Un déménagement, une activité accrue ainsi que la volonté d’explorer quelques auteurs me poussent à prendre cette décision. Toutefois, l’aventure ne s’arrête pas là : je tâcherai de poster, une fois toutes les quatre semaines, un billet politique signifiant : « ce blog est en sommeil ; il n’est pas mort. » Lorsque, enfin, je reviendrai sur la grande Toile, Porte entr’ouverte reprendra un cours normal de publication.

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13 novembre 2007

Après élections (6). Quid de l’avenir ?

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L'avenir du pays Belgique apparaît fort sombre. Visiblement, la nouvelle génération politique génèrera bientôt un nouvel être hybride, à la suite des « Belgique à grand-papa » unitaire et « Belgique à papa » fédérale. Comment s'agencera-t-il? Tout dépendra de l'évolution des choses au cours des deux prochaines années. Je propose que nous fassions quelques prospectives et réfléchissions obiter dictum au sujet de l'éventuelle scission du pays.

Trois scénarios possibles me viennent à l'esprit. 1) Yves Leterme couronne le travail d'Herman Van Rompuy et prend la tête d'un gouvernement « Orange bleue ». Cela signifie que les partis francophones comme les partis flamands ont mis de l'eau dans leur vin, se rendant compte de la tournure défavorable que prendrait le débat communautaire s'ils conservaient leur position de refus. La réforme est d'importance, mais l'état belge survit. 2) Herman Van Rompuy, après avoir négocié avec succès, se voit récompensé du poste de premier ministre. Par là, il devient le « dernier des Mohicans » : après lui, plus aucun premier ministre ne proviendra de sa (vieille) génération politique. Choisir Van Rompuy consisterait donc à reporter le problème de quatre ans (maximum). À la fin de son mandat, la jeune génération autonomiste flamande repartira à la charge du pays. 3) Après plusieurs échecs successifs lors des tentatives de formation gouvernementale, le pays entre dans une crise politique profonde qui débouche sur la scission d'icelui.

Au vu de la situation actuelle, il semble que la scission du pays soit inévitable à terme : les politiciens flamands de la nouvelle génération ne sont plus attachés à l'état Belgique. Leur nation est flamande, pas belge. La probable dislocation du pays nous conduit ainsi au point crucial des négociations de séparation : quid du sort de Bruxelles ? Cette question mérite une réflexion dépassant le cadre culturel et historique : Bruxelles est l'actuel centre politique de l'Europe. Des troubles politico-civils agitant son territoire pourraient déboucher sur un basculement des rapports de force au sein du vieux continent. Une analyse géostratégique de la situation permettrait très certainement d'envisager les choses sous le meilleur angle possible.

            Bruxelles est actuellement une ville fort disputée, tant sur le plan culturel que politique. Ainsi, les cultures latine, germano-néerlandaise, anglophone et même musulmane adoptent, chacune à leur façon, des tactiques pour s’approprier le centre de la vieille Europe. Si les francophones et les néerlandophones semblent les principaux protagonistes du conflit touchant la capitale européenne, il ne faut pas perdre de vue la stratégie anglophone du « diviser pour mieux régner », déjà appliquée à maintes reprises au cours de l’Histoire. Régler le litige bruxellois via l’Union européenne et la création d’un district européen (Bruxelles DC) permettrait aux anglo-saxons de s’imposer comme tutelle naturelle de la ville. Du vide issu de la coupure entre flamands et francophones émergerait une troisième puissance, opportuniste.

D’un point de vue politique, deux forces majeures s’opposent en Europe : la social-démocratie et le socialisme. Si la première semble actuellement en passe de remporter le combat grâce à l’Union européenne, elle ne doit pas crier victoire trop tôt au risque de se voir coiffer sur le poteau : les totalitaires détiennent une capacité à renaître ex nihilo qui ferait pâlir d’envie feu nos aïeux. Certes, les deux derniers grands bastions « soviétiques » en Europe occidentale, la France et la Wallonie, viennent de passer aux mains de la droite rose-bonbon. Toutefois, les structures de ces deux pays sont encore rouges d’archaïsme. En outre, rien n’exclut un prochain retour aux affaires des socialo-communistes francophones. Par conséquent, cette tache rouge fondant à moitié sur Bruxelles ne peut qu’inquiéter. Tout homme sain d’esprit doit, dans l’état actuel des choses, militer contre le rattachement de Bruxelles à la Wallonie ou à la France : il ne s’agirait pas d’une bête ville conquise par les fous de Marx, mais bien la capitale européenne !

Au final, il est plutôt délicat de se prononcer sur le sort idéal pour Bruxelles. Certes, la social-démocratie, mise en balance avec le socialisme, s’avère un moindre mal. Certes, un Bruxelles DC permettrait à la région de Bruxelles de s’enrichir en chiffres globaux. Toutefois, tel ne doit pas être notre combat. La bureaucratie européenne, envahissante et socialisante malgré tout, assoirait sur Bruxelles et ses habitants le poids lourd de ses institutions inutiles. Peut-être pourrions-nous rêver, comme melodius, d’une Bruxelles indépendante et dynamique, prenant pour modèle le Liechtenstein ou Monaco. Cependant, la triste réalité actuelle d’un monde peuplé de décérébrés nous conduit à soupirer tragiquement et à espérer que, vite, très vite, arrive cette révolution des idées politiques dont nous avons besoin.

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09 novembre 2007

Après élections (5). Particratie, démocratie et vote majoritaire

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Ne trouvez-vous pas surprenant d’entendre les media francophones, en principe panégyristes de la démocratie, critiquer une intervention parlementaire dans le cadre d’un dossier politique ? Les voici qui se plaignent, ici et là, que le Parlement, par un vote en commission de l’intérieur, ait osé se prononcer sur un dossier que n’a pas initié le gouvernement – quelle outrecuidance ! Seraient-ils donc particrates plutôt que démocrates ? Poser la question, c’est y répondre.

Le système démocrate des sociétés modernes fut conçu, à son origine, pour fonctionner sur base parlementaire. Lentement, il a dévié vers un regroupement du pouvoir entre les mains d’un petit nombre. Le pouvoir n’étant plus partagé en infimes petites parts mais en énormes morceaux, il dériva, comme bien souvent, vers la plage de la violation constante des droits naturels des individus. Soit. Nous connaissons les tenants et aboutissants totalitaires de nos sociétés modernes ; le présent blog en a déjà relevé des centaines. Pour une fois que fonctionne le système parlementaire, renaissant de ses cendres le temps d’une journée, je m’attarderai sur la démocratie, symbole de la loi du plus fort. Le récent vote « flamands » contre « francophones » illustre en effet parfaitement la perversité de ce système. Celui-ci permet effectivement qu’une majorité, sous le couvert du principe démocratique, puisse opprimer la minorité et attenter, par là, à ses droits naturels. Entendons-nous bien : très loin de moi l’idée que les flamands sont des diables et les francophones de petits anges. Au contraire : les esclaves et prisonniers du système belge sont bel et bien les flamands, si l’on réfléchit en termes communautaires. D’ailleurs, une partie de leurs revendications s’avèrent tout à fait légitimes. Toutefois, lesdits flamands peuvent aussi, par exemple lorsqu’ils vomissent leur nationalisme ridicule, devenir extrêmement dangereux pour la liberté des autres. Comme quoi, il n’est pas si difficile de trouver un point commun aux deux grandes communautés du pays : leurs dirigeants asservissent les individus par des mesures contraires au libre-choix et empruntent, par là, chacun de leur côté, la route de la servitude.

Posté par Wali23783 à 20:59 - Belgique - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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