12 mai 2008
Vers une définition du fascisme
Découverte via Gadrel sur liberaux.org, la présentation du livre de Jonah Goldberg, Liberal Fascism, s'avère des plus intéressantes. Vu la mauvaise tournure du terme "liberal" aux Etats-Unis, une traduction adéquate du bouquin serait: "Le fascisme et la gauche". Sébastien Castellion, de la MENA, résume l'ouvrage qui bouleverse actuellement les USA et reprend, à la suite de Goldberg, les deux erreurs majeures commises au sujet du fascisme:
1) Réinterprétation du terme "fascisme".
"La première erreur a été de réinterpréter trop largement le mot « fascisme » pour l’appliquer à tout ce que l’on trouve indésirable – ou, plus exactement, « tout ce que la gauche n’aime pas ». Des personnalités américaines ont ainsi qualifié de « fasciste » le pouvoir des entreprises privées sur la société, alors que le fascisme historique a toujours imposé aux entreprises de servir les intérêts de l’Etat. A l’inverse, des comportements objectivement proches du fascisme historique ne reçoivent pas cette qualification lorsque, pour une raison ou pour une autre, leurs auteurs sont respectés ou populaires ou s’ils font partie d’une coalition politique de gauche. Goldberg cite l’exemple, assez difficilement contestable, d’importants groupes de représentation des Hispaniques américains, dont l’un a adopté pour slogan « tout pour la race, rien en-dehors de la race » tandis que l’autre s’appelle tout simplement « La Race » (La Raza).
Le renversement du sens des mots provoque des situations assez paradoxales. Par exemple, un dictateur totalitaire et corporatiste comme Castro, très proche du modèle historique du fascisme, ne se verra jamais qualifié comme tel. A l’inverse, des dirigeants respectueux de la démocratie et soucieux de réduire le rôle de l’Etat (deux choses qui les opposent directement à tous les fascismes), comme Thatcher ou Reagan, se sont vus régulièrement accuser de fascisme par des esprits pourtant cultivés et sophistiqués.
Pour sortir de cette confusion, Goldberg propose, sinon une définition unique, du moins une série d’indices qui permettent de reconnaître les mouvements fascistes. Le fascisme n’est pas « tout ce que la gauche désapprouve » : il est un mouvement politique totalitaire et national (mais pas toujours nationaliste), qui cherche à surmonter les divisions nationales en imposant, par la force, une solidarité dont les termes sont imposés par l’Etat. Il est opposé à tous les contre-pouvoirs – économiques, familiaux et religieux, par exemple – qui limitent le pouvoir de l’Etat sur l’individu. Pour cette raison, il est également hostile à un usage excessif de la raison et lui préfère le culte de l’action : le raisonnement, après tout, provoque des débats et des opinions divergentes, dangereuses à la fois pour l’unité nationale et pour le pouvoir des gouvernants. Enfin, le fascisme n’est pas toujours opposé aux élections – mais seulement à condition que ces élections produisent le résultat attendu, sans quoi elles seront truquées ou annulées. Goldberg multiplie les exemples éclairants d’interventions de l’Etat, dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, dans des domaines précédemment considérés comme privés : qualité de la nourriture, organisation des relations entre patrons et employés, etc."
2) Place du fascisme sur l'échiquier politique
"Après avoir rétabli une définition à peu près rigoureuse du fascisme, Goldberg passe à la deuxième – monumentale – erreur historique qui entoure sa présentation. Parce que le fascisme est devenu, à la fin des années 1930 et 1940, l’objet d’une hostilité profonde de la gauche européenne, il est encore aujourd’hui présenté comme un mouvement de droite. Or, Goldberg démontre de manière incontestable que ses origines intellectuelles sont profondément ancrées dans la gauche et dans l’hostilité au conservatisme."
J'invite mes lecteurs qui souhaiteraient en savoir plus à cliquer sur les liens mentionnés en début d'article.
02 mai 2008
« On y gagne tous »
Le parti du moribond cumulard Elio Di Rupo a lancé cette semaine un site Internet destiné à conditionner les masses, et dont l’intitulé ressemble fort à un slogan: On y gagne tous! Objectif: faire croire au bon petit peuple que, sans les impôts, ce serait la mort absolue. Très chers prolétaires belges! Sans l’impôt, vous ne pourriez pas vous nourrir! Sans l’impôt, vous ne pourriez pas vous loger! Sans l’impôt, vous ne pourriez pas payer l’enseignement de vos enfants! Sans l’impôt, vous ne pourriez pas vous soigner!
Décidément, le discours simpliste du PS -- qui pourtant passe comme une lettre à la poste à la DH -- ne lasse pas de nous étonner! Nul doute que, encore une fois, les esprits les plus bêtes se laisseront convaincre par ce site sur lequel, soulignons-le, les images prennent plus de place que l’écrit. Cela nous amène à raisonner en deux temps: tout d’abord, sur le sens des mots; ensuite sur le fin fond de l’histoire.
Une fois de plus, la véritable signification du mot « solidarité » est jetée aux oubliettes. Pour rappel, la solidarité est ce sentiment qui pousse les hommes à s’entraider. Par conséquent, l’impôt n’induit pas la solidarité puisque les gens qui « paient » l’état le font sous la contrainte et non sous l’influence de leur sentiment d’entraide. « Mais le sens des mots, c’est accessoire! » s’empresseront de contrattaquer Di Rupo et ses sbires, « l’important, ce sont les gens, leur bonheur! » Face à tant de mauvaise foi, nous n’aurons plus qu’à renvoyer le lecteur objectif vers cet extrait des Analectes (découvert via melodius, que je remercie au passage):
« Tzeu lou dit : « Si le prince de Wei vous attendait pour régler avec vous les affaires publiques, à quoi donneriez-vous votre premier soin ? – A rendre à chaque chose son vrai nom », répondit le Maître. « Vraiment ? répliqua Tzeu lou. Maître, vous vous égarez loin du but. A quoi bon cette rectification des noms ? » Le Maître répondit : « Que tu es rustre ! Un homme honorable se garde de se prononcer sur ce qu’il ignore.
Si les noms ne sont pas ajustés, le langage n’est pas adéquat. Si le langage n’est pas adéquat, les choses ne peuvent être menées à bien. Si les choses ne peuvent être menées à bien, les bienséances et l’harmonie ne s’épanouissent guère. Les bienséances et l’harmonie ne s’épanouissant guère, les supplices et les autres châtiments ne sont pas justes. Les supplices et les autres châtiments n’étant plus justes, le peuple ne sait plus sur quel pied danser. Tout ce que l’homme honorable conçoit, il peut l’énoncer, et l’énonçant il peut le faire. L’homme honorable ne laisse rien à la légère. » »
Nous pouvons dès à présent nous attaquer au fond du problème. Car le raisonnement du PS est fallacieux à plus d’un titre: non seulement nous payons plus que ce que les criminels socialistes nous laissent à penser mais, en outre, les services que nous recevrions dans un monde sans état seraient bien meilleurs.
a) Quand les socialistes soulignent les différences entre les prix « avec » et les prix « sans » impôts, ils omettent bien volontairement de dire que cette différence, prise en charge par l’état, l’est ipso facto par les citoyens victimes de l’impôt! Ces derniers supporteront la partie cachée des coûts via les extorsions dont ils sont victimes sans parfois s’en rendre compte. En son temps, le Maître du Monde illustra très bien le vol sournois de l’état: sur 1000 EUR payés par l’employeur, il ne reste plus que 350 EUR dans les poches du contribuable après le passage des cotisations sociales, de l’ONSS et de l’impôt sur le revenu. Quand on sait qu’en aval, le pigeon de citoyen devra encore subir la TVA, les taxes vertes, les droits de successions, les accises sur l’essence et toutes ces autres petits vols déguisés, l’on peut facilement conclure à la disparition des quatre cinquièmes de nos revenus vers le parasite étatique. Car, à ceux qui diraient que « mais non, mais non, mais non! Ce sont surtout les entreprises qui financent l’état, à travers les nombreux impôts qu’elles subissent! », il sera facile de répliquer que, celles-ci, en bonnes gestionnaires qu’elles sont, se débrouilleront pour faire supporter par le consommateur le vol dont elles sont victimes au quotidien et perpétuer ainsi leur culture du bénéfice.
b) Par ailleurs, il faut relever que le site propagandiste oublie également de parler d’un point capital, à savoir la qualité des services fournis. Prenons les trois thèmes abordés par le site satellite du PS: santé, mobilité, éducation.
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Santé: le peu de texte mis en avant par les socialistes s’avère déjà manipulateur et malhonnête. Il compare en effet la moyenne du coût d’accouchement, tarif réduit, en Belgique… au prix maximum d’un accouchement aux Etats-Unis! Ceux qui savent lire auront compris la nuance: « en Belgique, un accouchement coûte en moyenne 2.500 EUR (chambre à deux lits) dont vous ne payez que 15 p.c. Aux USA, accoucher peut coûter, après remboursement, jusqu’à l’équivalent de 5.236 EUR. » En outre, s’attaquer aux Etats-Unis relève de l’ignorance la plus totale, de la part d’Elio Di Rupo et ses ouailles. Ainsi que le souligne l’encyclopédie libérale, « le système [américain] de santé et d'assurance maladie est loin être un système libre, et présente de nombreux dysfonctionnements qui sont non pas une conséquence du marché libre, mais des interventions étatiques. Des réglementations coûteuses sur les assurances ou l'exercice de la médecine, des montants délirants accordés en dommages-intérêts pour les patients (donc des assurances responsabilité civile faramineuses pour les médecins et hôpitaux), des pratiques inefficientes (telles que la césarienne systématique pour les accouchements...), etc. » Enfin, n’oublions pas d’évoquer la qualité des soins chez nous via ces quelques mots clés: pénurie de personnel, grèves dans les hôpitaux, files, fuite à l’étranger des plus productifs, déresponsabilisation des individus cotisants, etc.
- Mobilité: doit-on encore évoquer les grèves qui touchèrent régulièrement les trains, les bus ou encore le secteur de l’aviation ces derniers temps? Il faudrait être fou (ou croire au mythe du réchauffement climatique dû à l’homme) pour préférer le transport public sur rail ou sur route -- ce mode de transport lent, aléatoire et coûteux -- à la voiture.
- Education: ce secteur est tellement médiocre que la Communauté française s’enfonce chaque année dans les tréfonds du classement PISA. Vive notre enseignement subsidié! Il est cher, orienté et produit des cancres! (Et on fait des files d’une ou plusieurs nuits pour pouvoir inscrire son enfant dans l’école de son choix.)
En conclusion, nous nous étonnons de ne pas voir le PS indiquer sur son site les méthodes de calcul employées pour réaliser les comparaisons indiquées. En effet, je m’interroge vraiment sur la validité du travail. Comment a-t-on fait pour calculer ce qu’un monde sans impôt coûterait, puisqu’un tel monde n’existe pas? A-t-on bien enlevé la TVA et les diverses taxes qui grèvent les prix des divers matériaux nécessaires à toute activité de services? Mieux: a-t-on enlevé, dans le coût de production, les impositions grevant le salaire des employés, travailleurs et intermédiaires? Ou pire: s’est-on tout simplement basé, comme l’aurait fait Averell Dalton, sur les prix en vigueur aux USA, pays qui, je le rappelle, impose également ses citoyens? Nous ne le saurons probablement jamais, mais nous pouvons le deviner…
30 avril 2008
Serge Schweitzer primé par liberaux.org
L'association liberaux.org a primé Serge Schweitzer, économiste et professeur français, lors de la remise de son prix annuel, dont c'était la première édition cette année. Ce prix récompense une personnalité, française ou étrangère, connue ou inconnue, ayant oeuvré pour la liberté ou le libéralisme.
A cette occasion, certains membres du forum éponyme ont réalisé, avec la complicité du lauréat et l'apport de l'encyclopédie libérale, de très réussis Mélanges en l'honneur de Serge Schweitzer (89 pages). Je vous invite à télécharger cette somme intellectuelle ici et à propager l'information autour de vous.
25 avril 2008
Van Quickenborne a la frite
Le Soir, dans sa quête d'informations croustillantes, nous apprenait hier que le ministre de l'économie et de la simplification administrative, Vincent Van Quickenborne, s'inquiète de la hausse actuelle du prix des frites, jugée suspecte. Il s'est dès lors empressé de charger les « autorités nationales de la concurrence » « de mener une enquête préliminaire afin d'expliquer la différence de prix entre les pommes de terre et les cornets de frites. » Les frites ont, en effet, tendance à s'enchérir plus vite que les patates.
Dans un pays où la frite est reine et le socialisme roi, il n'est pas surprenant de voir un ministre, se veuille-t-il libéral, faire le premier pas vers la réglementation du prix du plat national. Pourtant, on peut regretter que ce haut fonctionnaire ignore encore l'essence d'un prix : la rencontre d'une offre et d'une demande. Quand un friturier vend un cornet de frites pour 2,50 EUR, il estime, par là, que ces 2,50 EUR ont une valeur plus grande, pour lui, que ledit cornet. De son côté, le client qui paie 2,50 EUR pour un cornet de frites juge que ce cornet de frites est plus important, à ses yeux, que le montant dépensé. Qu'y a-t-il de criminel dans ce libre accord entre individus ? Vincent Van Quickenborne a-t-il donc oublié que le consommateur outré par le prix du service peut toujours, si l'envie de frites le tenaille, s'en faire frire quelques unes à domicile ? Et que, si c'est le besoin de graisse qui l'habite, il peut se tourner vers d'autres plats délicieux (pitas, durum, fricandelle, hamburger, pizza, etc.) ? Certaines mesures, décidément, ne lassent pas de surprendre par leur débilité. Mais ne vivons-nous pas au pays du surréalisme ?
27 mars 2008
Etienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire
"Il est vrai qu'au commencement on sert contraint et vaincu par la force; mais les successeurs servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d'autres biens ni d'autres droits que ceux qu'ils ont trouvé; ils prennent pour leur état de nature l'état de leur naissance. (...)
On raconte que Lycurgue, le législateur de Sparte, avait nourri deux chiens, tous deux frères, tous deux allaités au même lait. L'un était engraissé à la cuisine, l'autre habitué à courir les champs au son de la trompe et du cornet. Voulant montrer aux Lacédémoniens que les hommes sont tels que la culture les a faits, il exposa les deux chiens sur la place publique et mit entre eux une soupe et un lièvre. L'un courut au plat, l'autre au lièvre. Et pourtant, dit-il, ils sont frères!
Celui-là, avec ses lois et son art politique, éduqua et forma si bien les Lacédémoniens que chacun d'eux préférait souffrir mille morts plutôt que de se soumettre à un autre maître que la loi et la raison."
Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire.
03 février 2008
Bruxelles : les dérives de Dedecker
Tout le monde en aura entendu parler cette semaine : « l’ultra-libéral » Jean-Marie Dedecker présentera bel et bien une liste LDD aux Bruxellois lors des élections régionales de 2009. Si nous nous réjouissons que le programme du député flamand soit désormais relié par les media au libéralisme (et non plus au populisme comme auparavant), notre joie s’estompe vite lorsque nous entendons le refrain nationaliste bien trop ancré dans le discours de l’ex-judoka. De toute apparence, ce dernier a préféré axer sa prochaine campagne sur le nationalisme plutôt que sur le libéralisme. Je l’en blâme et lui retire d’office tout soutien s’il vient à perdurer sur cette voie.
Par son idée grotesque de vouloir surreprésenter les flamands à Bruxelles et dans sa périphérie (une voix flamande égale neuf voix francophones), JMDD montre toutes les limites de son libéralisme. Après tout, s’il voulait réellement que les francophones « dictent moins leur loi » aux néerlandophones dans la capitale belge, peut-être aurait-il été plus opportun de prôner une réduction des pouvoirs étatiques plutôt que leur partage ! Las ! Considérant visiblement le Flamand comme un Übermensch, et incapable de trouver une solution à la fois originale et libérale pour sortir Bruxelles du conflit belge, Jean-Marie Dedecker s’enfonce au niveau 0 de la politique et perd, petit à petit, ses maigres soutiens francophones.
24 décembre 2007
Google est ton ami
Au gré des recherches sur Google, l'on en apprend des choses!
01 décembre 2007
Nouveau crime en République Socialiste de Wallonie : la responsabilité
Lors des froideurs nocturnes d’automne, Marie Arena jette à la rue des centaines de parents
« Ces nouvelles règles pénalisent le parent responsable. Auparavant, toujours attentif à l’avenir de ses enfants, il se renseignait suffisamment tôt que pour être certain du bon avenir de ses protégés. Désormais, il devra subir les inévitables files, encombrements et pertes de temps que provoquera le « feu » de départ crié par la presse la veille du jour d’ouverture des inscriptions. La déresponsabilisation des parents n’est-elle pas déjà assez flagrante et contre-productive, dans nos sociétés dites « modernes », pour que l’on cesse enfin de la promouvoir encore plus ? »
Ainsi qu’on le devinait voici quelques mois, les conséquences du décret Arena (ne le rebaptisons pas « décret inscriptions » comme la presse servile, prête à dédouaner l’ex-belle sœur) s’avèrent catastrophiques. Les périodiques nous annoncent en effet que de nombreux parents ont passé plusieurs nuits à faire la file devant les écoles pour être sûrs (ou pas…) que celles-ci puissent accueillir la chair de leur chair au cours des prochaines années. Pis ! Certains ont même rémunéré des étudiants pour faire la queue à leur place. 
Voilà qui mérite un billet. Ce que l’on criait à tue-tête dans l’oreille de la ministre s’est finalement réalisé. Par sa faute, des centaines – si pas milliers – de personnes doivent affronter le froid piquant des nuits d’automne alors que, avant son intervention décrétale, ils pouvaient profiter d’une de leurs trop rares soirées en famille. Marie Arena, non contente d’emmerder son monde, se complait en outre à trouver son décret très bien. Madame Arena, vous n’êtes pas qu’une bouffonne : le terme « criminelle » vous sied également à la perfection !
Mais le plus surprenant n’est pas là. Parmi les commentateurs de la Toile, certains individus, minoritaires mais nombreux, approuvent ce qui se passe. Ceux-ci, ne cachant pas leur haine des riches (digne des nazis ou des bolcheviks), crachent sur les soit-disant « bourgeois » qui font la file et « apprennent » les dures réalités de la vie. Leurs (simplistes) réflexions reposent sur deux bases qui, vous en conviendrez, sont peu opportunes pour analyser la situation. La première, c’est la jalousie.
Celle-ci, historiquement qualifiée de défaut et non de qualité, constitue le ciment ultime des socialistes pur jus. La seconde base de raisonnement, quant à elle, s’appuie sur le réducteur axe gauche - droite. Certes, le MR fait un peu de musculation sur les files devant les écoles (qui ne le ferait pas ?). Mais analyser le décret Arena comme un combat PS - MR s’avère futile ; il y a bien plus important que les disputes stratégiques des deux plus grands partis socialistes de la francophonie belge : la Liberté. En matière d’enseignement, elle est bafouée au nom de concepts douteux, voire criminels. Le PS, comme le MR, le cdH et Ecolo, nous guident tous, à ce sujet, sur la route de la servitude. Y a-t-il, dans la marmaille politique actuelle, une petite lueur d’espoir pour l’enseignement ? Malgré les gesticulations politiciennes du MR, il faut croire que non : aucune réforme du système in globo n’est envisagée.
17 novembre 2007
Clôture du premier chapitre
Chers amis, chers lecteurs,
Je referme pour trois bons mois le premier chapitre de la Porte entr’ouverte. Un déménagement, une activité accrue ainsi que la volonté d’explorer quelques auteurs me poussent à prendre cette décision. Toutefois, l’aventure ne s’arrête pas là : je tâcherai de poster, une fois toutes les quatre semaines, un billet politique signifiant : « ce blog est en sommeil ; il n’est pas mort. » Lorsque, enfin, je reviendrai sur la grande Toile, Porte entr’ouverte reprendra un cours normal de publication.
13 novembre 2007
Après élections (6). Quid de l’avenir ?
L'avenir du pays Belgique apparaît fort sombre. Visiblement, la nouvelle génération politique génèrera bientôt un nouvel être hybride, à la suite des « Belgique à grand-papa » unitaire et « Belgique à papa » fédérale. Comment s'agencera-t-il? Tout dépendra de l'évolution des choses au cours des deux prochaines années. Je propose que nous fassions quelques prospectives et réfléchissions obiter dictum au sujet de l'éventuelle scission du pays.
Trois scénarios possibles me viennent à l'esprit. 1) Yves Leterme couronne le travail d'Herman Van Rompuy et prend la tête d'un gouvernement « Orange bleue ». Cela signifie que les partis francophones comme les partis flamands ont mis de l'eau dans leur vin, se rendant compte de la tournure défavorable que prendrait le débat communautaire s'ils conservaient leur position de refus. La réforme est d'importance, mais l'état belge survit. 2) Herman Van Rompuy, après avoir négocié avec succès, se voit récompensé du poste de premier ministre. Par là, il devient le « dernier des Mohicans » : après lui, plus aucun premier ministre ne proviendra de sa (vieille) génération politique. Choisir Van Rompuy consisterait donc à reporter le problème de quatre ans (maximum). À la fin de son mandat, la jeune génération autonomiste flamande repartira à la charge du pays. 3) Après plusieurs échecs successifs lors des tentatives de formation gouvernementale, le pays entre dans une crise politique profonde qui débouche sur la scission d'icelui.
Au vu de la situation actuelle, il semble que la scission du pays soit inévitable à terme : les politiciens flamands de la nouvelle génération ne sont plus attachés à l'état Belgique. Leur nation est flamande, pas belge. La probable dislocation du pays nous conduit ainsi au point crucial des négociations de séparation : quid du sort de Bruxelles ? Cette question mérite une réflexion dépassant le cadre culturel et historique : Bruxelles est l'actuel centre politique de l'Europe. Des troubles politico-civils agitant son territoire pourraient déboucher sur un basculement des rapports de force au sein du vieux continent. Une analyse géostratégique de la situation permettrait très certainement d'envisager les choses sous le meilleur angle possible.
Bruxelles est actuellement une ville fort disputée, tant sur le plan culturel que politique. Ainsi, les cultures latine, germano-néerlandaise, anglophone et même musulmane adoptent, chacune à leur façon, des tactiques pour s’approprier le centre de la vieille Europe. Si les francophones et les néerlandophones semblent les principaux protagonistes du conflit touchant la capitale européenne, il ne faut pas perdre de vue la stratégie anglophone du « diviser pour mieux régner », déjà appliquée à maintes reprises au cours de l’Histoire. Régler le litige bruxellois via l’Union européenne et la création d’un district européen (Bruxelles DC) permettrait aux anglo-saxons de s’imposer comme tutelle naturelle de la ville. Du vide issu de la coupure entre flamands et francophones émergerait une troisième puissance, opportuniste.
D’un point de vue politique, deux forces majeures s’opposent en Europe : la social-démocratie et le socialisme. Si la première semble actuellement en passe de remporter le combat grâce à l’Union européenne, elle ne doit pas crier victoire trop tôt au risque de se voir coiffer sur le poteau : les totalitaires détiennent une capacité à renaître ex nihilo qui ferait pâlir d’envie feu nos aïeux. Certes, les deux derniers grands bastions « soviétiques » en Europe occidentale, la France et la Wallonie, viennent de passer aux mains de la droite rose-bonbon. Toutefois, les structures de ces deux pays sont encore rouges d’archaïsme. En outre, rien n’exclut un prochain retour aux affaires des socialo-communistes francophones. Par conséquent, cette tache rouge fondant à moitié sur Bruxelles ne peut qu’inquiéter. Tout homme sain d’esprit doit, dans l’état actuel des choses, militer contre le rattachement de Bruxelles à la Wallonie ou à la France : il ne s’agirait pas d’une bête ville conquise par les fous de Marx, mais bien la capitale européenne !
Au final, il est plutôt délicat de se prononcer sur le sort idéal pour Bruxelles. Certes, la social-démocratie, mise en balance avec le socialisme, s’avère un moindre mal. Certes, un Bruxelles DC permettrait à la région de Bruxelles de s’enrichir en chiffres globaux. Toutefois, tel ne doit pas être notre combat. La bureaucratie européenne, envahissante et socialisante malgré tout, assoirait sur Bruxelles et ses habitants le poids lourd de ses institutions inutiles. Peut-être pourrions-nous rêver, comme melodius, d’une Bruxelles indépendante et dynamique, prenant pour modèle le Liechtenstein ou Monaco. Cependant, la triste réalité actuelle d’un monde peuplé de décérébrés nous conduit à soupirer tragiquement et à espérer que, vite, très vite, arrive cette révolution des idées politiques dont nous avons besoin.





